LES GREVES DE LIMOGES


Le jeune Betoulle (13 ans), fils des concierges de l'usine Beaulieu, alité après avoir été frappé et blessé par les grévistes.

M. Beaulieu allant à l'hôtel de ville en landau sous la protection des gendarmes.

La croix de l'hôpital, abattue par des inconnus dans la
nuit du 8 au 9 mai.
Phot. Sauvadet.

Un camion de marchandises de l'usine Beaulieu escorté
par la gendarmerie.
Phot. Peyclit.

Un des plus tristes incidents de cette longue grève de Limoges: après plusieurs jours de blocus dans l'usine où onze personnes, dont quatre enfants, se trouvaient enfermées et dans l'impossibilité de communiquer avec le dehors, le jeune Betoulle essaya de sortir pour aller chercher du lait destiné à ses petits frères; il fut frappé par les grévistes si brutalement qu'il eut deux côtes fracturées et il fallut ensuite l'intervention du maire pour que les assiégeants permissent à un médecin d'aller visiter l'enfant. M. Beaulieu, pour aller à l'hôtel de ville conférer avec les délégués des ouvriers, ne put d'ailleurs s'y rendre qu'en landau, sous la protection de la gendarmerie. Et ce n'est également que sous une escorte de gendarmes que les camions de marchandises ont pu, durant plusieurs jours, circuler entre l'usine assiégée et la gare.

L'empereur. Le statthalter. Phot. E. Jacobi.
INAUGURATION DU MONUMENT DE GRAVELOTTE PAR GUILLAUME II, LE 11 MAI.

L'inauguration, par l'empereur allemand, du monument élevé, à Gravelotte, à la mémoire des soldats tombés là pendant la guerre contre la France n'a point eu le caractère provocant à notre égard qu'on avait redouté de lui voir prendre. Tout s'est borné à une belle fête religieuse et militaire, dont la mise en scène était savamment ordonnée. Quand Guillaume II, en uniforme de général d'infanterie, bleu et noir, à parements rouges, eut pris place, en face d'un parterre d'uniformes, au pied de l'ange de la Fidélité, belle figure de bronze doré, rehaussée de pierreries, qu'il a donnée sur sa cassette personnelle, et à laquelle les oriflammes militaires, placées par l'empereur lui-même, formaient un fond très décoratif, le statthalter d'Alsace-Lorraine, prince de Hohenlohe, prononça une brève allocution sans aucun caractère belliqueux. Et ce fut le moment capital de la cérémonie. Des prières suivirent, mais l'empereur ne prononça pas une parole.