LES VICTIMES DU "FARFADET"
L'équipage du Farfadet, photographié le 14 juin dernier dans l'arsenal de Sidi Abdallah.
D'après une carte postale communiquée par la Patrie.
Après dix jours d'inutiles efforts, le sous-marin Farfadet a pu enfin, le 15 juillet, être dégagé et remorqué dans un des bassins de l'arsenal de Sidi-Abdallah. On vida partiellement ce bassin de façon que le sous-marin reposât sur le fond, incliné à bâbord, mais que, cependant, les radeaux et les barques nécessaires à l'enlèvement des cadavres pussent flotter autour de lui. Dans la nuit du 15 au 16, les capots furent ouverts et, bravant une effroyable odeur de putréfaction, les marins et ouvriers de l'arsenal commencèrent les recherches. Un premier cadavre fut presque aussitôt découvert, celui du quartier-maître Lessausse, et transporté dans un des cercueils qui avaient été préparés. Il fallut ensuite, à l'aide de manches, pomper l'eau qui remplissait le Farfadet avant de pouvoir pénétrer plus avant.
C'est à ce moment que fut exécuté le croquis de notre gravure de première page.
Pendant la journée du 16 et la nuit qui suivit, l'équipe des travailleurs n'interrompit pas un moment son horrible et pieuse besogne. Successivement, furent ramenés au dehors les corps de l'enseigne Robin et des autres victimes--pauvres matelots qui, deux mois auparavant, posaient joyeusement devant un photographe, pour ce groupe que nous reproduisons d'après une carte postale envoyée par l'un d'eux à ses parents.
Le dernier portrait d'Arton. Photographie prise
au Jardin de Paris, par Sartony, rue Duphot.