L'acoustique des salles de réunion.
Les mathématiciens et les physiciens ne sont pas encore arrivés à déterminer les conditions que doivent remplir les grandes salles destinées aux spectacles, aux concerts ou aux cours, pour bien porter les sons et la parole; et les architectes n'ont pas mieux réussi à résoudre ce difficile problème.
Quand on construit une de ces salles, on compte sur la chance pour réussir; et le résultat est, en effet, au petit bonheur. Il arrive même que, sans le vouloir, on obtient des salles d'une acoustique admirable.
Mais, si difficile qu'il soit, ce problème n'est certainement pas insoluble.
Pour le résoudre, M. Exner, physiologiste viennois, a pensé qu'il fallait s'adresser à la méthode expérimentale, et il a imaginé un dispositif d'expériences très ingénieux qui lui a donné des résultats fort précis.
L'acoustimètre de M. Exner comprend un appareil producteur de sons (amorces détonant sous l'action d'un percuteur actionné à distance), des appareils collecteurs des sons et de leurs échos (microphones installés aux différents points de la salle dont on étudie l'acoustique) et un appareil mesureur (poste téléphonique que l'on peut relier à l'un quelconque des microphones).
Ce poste comprend un rhéostat, que l'on intercale dans les circuits des microphones, en interposant des résistances capables d'annuler la transmission du son.
Par la grandeur variable de ces résistances, l'observateur connaît exactement l'intensité du son aux divers points étudiés.
Cette méthode, appliquée empiriquement, permettra de connaître exactement la valeur acoustique d'une salle; mais il est probable qu'elle permettra, en outre, d'établir le dessin théorique des salles de bonne acoustique.