M. WILLIAM BOUGUEREAU

Peu de peintres, en ces cinquante dernières années, ont joui d'une notoriété égale à celle de M. William Bouguereau. Il vient de mourir à quatre-vingts ans. Depuis 1849, année de son début, avec l'Égalité devant la mort, il n'avait cessé de peindre, très vaillamment, sans jamais un repos, sans une halte. Peut-être, dans ce long espace de temps, n'a-t-il pas déserté un seul Salon.

Il était né en 1825 dans cette même ville de la Rochelle, où il s'est éteint dans la nuit de samedi à dimanche, à laquelle il était demeuré affectueusement attaché et où il avait gardé un hôtel qu'il habitait chaque été. Elevé par son oncle, l'abbé Bouguereau, archiprêtre de Saint-Louis de Rochefort, il avait d'abord embrassé la carrière commerciale et travaillé quelque temps chez un négociant de Bordeaux. Puis, les goûts artistiques s'éveillant en lui, il vint à Paris, doté d'une bourse de son département, et entra dans l'atelier de Picot. Prix de Rome ex aequo avec Paul Baudry en 1850, il partait pour la Villa Médicis.

Au Salon de 1857, l'apparition de tout un ensemble de décorations destinées à l'hôtel de M. F. Bartholoni et où se coudoyaient l'Amour et l'Amitié, l'Été et le Printemps, la Fortune et la Danse, valut au peintre la première médaille. Ces allégories d'une élégance très cherchée obtinrent un succès très vif qui décida peut-être de la destinée de M. Bouguereau. Il s'orienta, tout naturellement, vers cette grâce qui avait tant plu, et les sujets dramatiques furent désormais sous son pinceau comme une exception. Il se voua aux mythologies, aux nudités classiques, ne les abandonnant un moment que pour peindre de petites scènes de la vie familière, des jeux d'enfants, d'aimables figures toujours enjolivées et idéalisées. Ce goût du joli, de l'élégant à tout prix, éclate, domine dans toutes ses productions, qu'il s'agisse de ses Pietas, de ses Vierges--la Vierge consolatrice, qui date de 1877 et figure au Luxembourg, est l'une des plus célèbres--de ses peintures religieuses, à Saint-Augustin, à Sainte-Clotilde, à Saint-Vincent de Paul, ou encore de ses grands panneaux décoratifs comme le plafond de la salle de concert du théâtre de Bordeaux représentant Apollon et les Muses. Mais il s'est donné la plus libre carrière dans les compositions mythologiques où M. Bouguereau semble s'être surtout complu: ces nymphes, ces oréades, ces océanides et ces bacchantes parées de grâces jusqu'à la limite dangereuse de la mièvrerie, que l'on s'arrachait à prix d'or parce qu'elles répondaient à un certain idéal qui captivera toujours nombre de fervents.


Philomèle et Progné
(musée du Luxembourg).

La Vierge consolatrice
(musée du Luxembourg).

Même ceux qui sont fermés à cet idéal ne pourront se défendre d'être séduits par la distinction de telles de ces figures, comme par exemple cette Philomèle et Progné, également au Luxembourg, oeuvre déjà ancienne et où l'effort vers la joliesse est moins sensible. Mais ce que préfèrent les vrais fanatiques, les admirateurs convaincus de l'art de M. Bouguereau --la légion--ce sont ces figures, nues ou voilées à peine, comme l'Amour se balançant sur les eaux, où se retrouve un lointain ressouvenir du charme prud'honien, comme ce Rêve de printemps, ou bien ces nudités étendues sur des plages trop molles à leurs chairs roses, au bord de mers d'un vert de féerie.

Nous donnons en hors texte un beau portrait de M. Bouguereau gravé sur bois, d'après une photographie prise dans son atelier.

L'Amour se balançant
surles eaux.
Rêve de printemps. Les Deux Soeurs.

Quelques oeuvres récentes de M. W. Bouguereau,
exposées aux derniers Salons (1901, 1902, 1904).

Phot. copyright Braun, Clément et Cie.

UNE ÉCLIPSE TOTALE DE SOLEIL
D'après le dessin pris en Égypte, le 17 mai 1882, par M. Tacchini.

En attendant les photographies ou les dessins de l'éclipse totale du 30 août prochain, nous sommes heureux de pouvoir reproduire le beau dessin pris en Égypte par M. Tacchini, directeur de l'observatoire de Rome, pendant celle du 17 mai 1882. Comme l'expliquait dans L'Illustration de la semaine dernière notre éminent collaborateur M. Camille Flammarion, l'éclipse de cette année se présente, comme celle de 1882, à une époque de grande activité ou de maximum. La couronne entoure alors entièrement le disque du soleil et approche de la forme circulaire, tandis qu'aux époques de minimum (comme en 1900) elle se montre allongée dans le sens de l'équateur solaire. Le 30 août prochain, on peut s'attendre à voir l'éclipse, dans la zone de totalité, offrir sensiblement l'aspect du dessin de M. Tacchini, quoique sans doute avec moins de régularité et avec des jets de lumière lancés au loin en diverses directions. En 1882, une petite comète gravitait tout près du soleil et n'a été vue qu'au moment de l'éclipse: M. Tacchini l'a représentée sur son dessin. Peut-être le 30 août réserve-t-il de même des surprises aux astronomes.


Lithuanien de Kowno.

Bouriate de la Transbaïkalie.

Kurde d'Arménie.

Maire de village du Caucase.

Chefs de villages de Podolie.

Finnois de la Carélie

Mingrélien de Koutaïs.

Propriétaire foncier de Toula.

Trois «intelligents»: les professeurs S.-P. Iarochenko, J.-W. Zoutchisky et E.-W. de Roberty.
Photographie prise au récent Congrès des zemstvos, à Moscou.

Marchands de Nijni-Novgorod: types de Grands-Russiens.
Photographies communiquées par la Société de Géographie (collection
Elisée Reclus) et par MM. Verneau et Chantre.


Samoyèdes de la Nouvelle-Zemble.

Finnois du Tavastland.

Arménien du Caucase.

Tatare de Kazan.

Roumain de Bessarabie.

Vieux-Cosaque de Borispol.

Arménien d'Erivan.

Juif riche d'Odessa.