La bombe de Barcelone.

La bombe de Barcelone.--Le cortège funèbre des victimes
passant sur la place de l'attentat, la Rambla.

Les attentats anarchistes n'ont jamais signifié grand'chose. Le plus récent de tous, qui vient de terrifier Barcelone, en est peut-être aussi le plus incohérent.

C'est le 3 septembre dernier, à 1 h. 30, sur la Rambla, la promenade des fleurs, située au bord de la mer, qu'éclata la bombe. Il passait, à ce moment, des gens inoffensifs, des ouvriers, des enfants, des femmes. La détonation fut si violente qu'elle retentit jusqu'aux extrémités les plus éloignées de la ville. Le déplacement de l'air jeta un cocher à bas de son siège. Et ce fut, naturellement, un sauve-qui-peut général, au milieu d'une panique indescriptible. Suivant les détails que les journaux ont publiés sur cet événement, le nombre des blessés--presque tous cruellement atteints--serait de soixante environ. Deux femmes seulement sont mortes sur le coup. D'après les indications de la police, l'engin, enfermé dans une enveloppe de plâtre, de forme cubique, avait été déposé au pied d'un arbre. On ne croit guère à un complot. L'attentat est plutôt l'oeuvre d'un isolé, ayant agi d'après sa propre impulsion. La police suit des pistes et surveille des blessés.

En attendant l'arrestation du coupable, on a procédé à l'enterrement des victimes. Ces obsèques ont eu lieu le 5 septembre au matin, à 9 heures, au milieu d'une grande affluence de population. Toutes les autorités y assistaient. La famille royale et le gouvernement s'étaient fait représenter. Tout Barcelone suivait le convoi.