LES TROUBLES DE TOKIO

A TOKIO.--La foule devant les bureaux du journal Tchou-wo-Shimboun (Journal du Centre).

Le comte Katsura, chef du cabinet japonais.

Le peuple japonais n'a point partagé l'enthousiasme facile des autres peuples pour le rétablissement de la paix. Dès que le texte du traité de Portsmouth fut connu à Tokio, la presse nippone, à l'exception du Kokumin, le journal semi-officiel, publia des articles violents contre le gouvernement. Des partisans et des amis du comte Katsura, premier ministre, rompirent même toutes relations avec le cabinet. Enfin, cette indignation générale se traduisit, dans le peuple, par l'insurrection du 5 septembre dernier. Au Japon, les insurrections sont plutôt rares. Aussi la police, prise un peu au dépourvu, ne sut pas empêcher des milliers de manifestants d'entourer l'hôtel du ministre de l'Intérieur et les bureaux du Kokumin. Mais, grâce à l'intervention de la troupe, la personne du premier ministre et celles des rédacteurs du Kokumin restèrent sauves. Il y eut, par contre, de nombreux agents de police blessés et quelques commissariats livrés aux flammes. Aujourd'hui tout paraît être rentré dans l'ordre, mais le mikado doit penser qu'il est bien difficile de contenter à la fois tout le monde et son peuple.