UNE NOUVELLE "MINISTRESSE"
| M. Clémentel.--Phot. Otto. | Mme Knowles, fiancée de M. Clémentel.--Phot. Reutlinger. |
Parmi les manies parisiennes, il y en avait une, récemment encore, qui se manifestait à l'occasion des fêtes officielles, bals et cérémonies, où, à côté de nos présidents et de nos ministres, apparaissaient leurs femmes, et qui consistait à déclarer de confiance: «Comme nos grandes dames républicaines sont mal! Comme elles s'habillent mal!» Ce n'était, le plus souvent, que l'expression d'un préjugé injuste et qui faisait sourire ceux qui avaient été admis à voir de près le personnel féminin de certaines cours d'Europe.
En publiant les portraits des «ministresses», au moment de la formation des derniers cabinets (Waldeck-Rousseau, Combes et Rouvier), L'Illustration a prouvé péremptoirement que la beauté, la grâce et l'élégance sont, au contraire, loin d'être exclues des salons officiels.
Nous sommes heureux de pouvoir ajouter ici, à la série des portraits de femmes de nos ministres actuels (parue le 11 février dernier), un nouveau portrait, qui ralliera les suffrages des plus difficiles.
On annonce en effet la très prochaine entrée dans le ministère d'une nouvelle «ministresse», qui sera admirée entre toutes. M. Clémentel, ministre des Colonies, veuf depuis plusieurs années [1], se remarie: il épousera, au mois d'octobre, une jeune veuve, Mme Knowles, que les fées d'autrefois et celles d'aujourd'hui ont comblée de leurs dons. Les fées anciennes ne lui ont pas marchandé, notre portrait l'atteste, les grâces ordinaires de la femme; les fées de la fin du dernier siècle l'ont dotée des qualités sportives, devenues non moins nécessaires, lui ont donné le goût de la chasse et de l'automobile, ont fait d'elle un type accompli de femme moderne.
[Note 1: Nous avons reproduit dans L'Illustration du 18 février un buste de la première Mme Clémentel, qui était fille d'un colon français d'indo-Chine et d'une mère annamite.]
Il convient d'ajouter que la future Mme Clémentel, pour être capable de conduire habilement une 40 chevaux, n'en est pas moins une très bonne mère de famille: elle a un fils âgé de neuf ans.
Les Colonies étant le plus mal logé de tous nos ministères, M. et Mme Clémentel n'habiteront pas le pavillon de Flore: ils ont loué un hôtel particulier à Neuilly.