L'ENTENTE SUÉDO-NORVÉGIENNE
Fridtjof Nansen.
On a pu redouter, un moment, de voir les choses s'envenimer entre la Suède et la Norvège, et il s'en est fallu de peu que les négociations conduites, à Carlstad, entre les plénipotentiaires des deux pays ne fussent brusquement rompues.
La question des fortifications qui défendent la frontière norvégienne contre une agression possible des voisins suédois--et dont certaines, détail assez piquant, ont été élevées en 1900, en pleine union--cette question divisait fortement les négociateurs. La Suède réclamait le démantèlement des forts, ne voulant pas être obligée, de son côté, d'en élever pour se protéger contre ces canons braqués sur elle, redoutant d'être entraînée à des armements ruineux. La Norvège ne refusait pas formellement de démolir, mais exigeait, au préalable, la signature, entre les deux nations, d'un traité d'arbitrage. A quoi la Suède répondait: «Démolissez d'abord; nous verrons plus tard.»
La discussion, engagée sur ce terrain, menaçait de s'éterniser. Les dispositions conciliantes des plénipotentiaires de Carlstad ont triomphé d'une situation
Le prince Charles de Danemark, la princesse Maud,
sa femme, et leur fils, le petit prince Alexandre.
--Phot. Ralph.
qui paraissait inextricable, et toute inquiétude est aujourd'hui dissipée: la Suède a accepté le traité d'arbitrage et la Norvège va démolir toutes ses fortifications modernes, mais celles-là seulement. Car elle tient comme à des souvenirs historiques aux vieux châteaux forts, élevés en certains points de sa frontière. Ces forteresses, dont celles de Frederiksten et de Kongsvinger, reproduites ici, donnent une idée, sont d'ailleurs peu redoutables. Réduites qu'elles seront, comme défensive, à leurs antiques murailles, elles peuvent subsister sans occasionner nulle inquiétude, sans exciter nulle susceptibilité.
Mais il est une autre question, d'une grande importance, qui intéresse la Norvège toute seule et qui n'est pas encore tranchée. C'est celle du régime que va adopter la nation séparée. On se souvient qu'au moment de la rupture la Norvège, par déférence pour le roi Oscar, son souverain de la veille, lui avait demandé de désigner, pour occuper le trône norvégien, un de ses fils. Le roi n'a pas daigné répondre et l'on considère que ce silence équivaut à un refus.
On a parlé de la possibilité d'une république. Dans ce cas, l'illustre explorateur Nansen, qui a joué, dans tous ces événements, un rôle important, et dont l'ascendant sur ses compatriotes est considérable, aurait de fortes chances d'en être élu président,--s'il y avait à cette république un président.
La solution qui semble actuellement la plus probable est l'offre de la couronne au prince Charles, second fils du prince héritier Frédéric de Danemark.
Le prince Charles est né le 3 avril 1872. Il a épousé, en 1896, la princesse Maud, fille du roi Edouard VII, qui, en 1903, lui a donné un fils, le prince Alexandre.
La forteresse de Kongsvinger, sur la frontière suédo-norvégienne.--Phot. Worm-Petersen.
L'ACCIDENT DE L'«ELEVATED», MÉTROPOLITAIN AÉRIEN DE
NEW-YORK, AU COIN DE LA 53e RUE ET DE LA 9e AVENUE
Lorsque se produisit, il y a deux ans, la catastrophe de la station des Couronnes, on eut tendance à attribuer aux conditions mêmes de la construction, en souterrain, du Métropolitain parisien, la gravité de la catastrophe. Ah! si la ligne avait été aérienne! Or, un accident vient de se produire sur 1'«Elevated», le métropolitain aérien de New-York, qui montre qu'en somme, quand le mauvais sort s'en mêle, l'un vaut l'autre, et que les risques ne sont pas moindres à quelques pieds en l'air qu'à quelques pieds sous terre.
Le 12 septembre au matin--c'est d'hier, et, pourtant, l'émotion qu'on en éprouva alors est bien atténués, ce qui prouve à quel point l'actualité passe vite--un train, parti de la 59e rue et qui suivait à une vitesse de 45 kilomètres à l'heure la 9e avenue, arrivait à la hauteur de la 53e rue quand, par suite d'une erreur d'aiguillage, il s'engagea dans cette voie. L'aiguilleur s'aperçut de sa faute comme le premier wagon venait de bifurquer sans accident. Il imprima à son aiguille un mouvement machinal. Le second wagon, soudainement arrêté dans sa course et séparé du premier, fut lancé le long de la voie directe de la 9e avenue. Il tomba dans la rue en se retournant sens dessus dessous, tandis que le troisième demeurait suspendu en l'air, au bord de la voie, heureusement à portée de la corniche d'une maison par laquelle les voyageurs purent s'échapper. Mais le second wagon s'était écrasé sur la chaussée, où les voyageurs furent précipités la tête la première; l'un d'eux fut décapité par un morceau de fer et l'on retrouva sa tête à 20 mètres plus loin. On releva onze morts et une trentaine de blessés, dont huit mortellement.
| Les distractions du harem d'Abd-el-Aziz: courses cyclistes dans une cour du palais. D'après une pellicule cinématographique de Sa Majesté Chérifienne. | Quatre portraits de femmes du harem impérial.Clichés aux trois couleurs de Sa Majesté Chérifienne. |