LES THÉÂTRES
Les Nouveautés viennent de faire une très heureuse entrée en campagne avec une pièce de M. G. Duval: Dix minutes d'arrêt, il n'en faut pas davantage pour décider au mariage une jeune veuve qu'une première union avec un membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres avait laissée désenchantée. Ce revirement, obtenu par des moyens un peu libres, mais fort gais, est excellemment exposé par Mlle Lender, MM. Noblet, Germain et Colombey.
Les bonnes pièces font, dit-on, les bons acteurs. La Belle Madame Héber, comédie en quatre actes de M. Abel Hermant, que vient de nous donner le Vaudeville, a été inégalement interprétée, ce qui suffirait à indiquer qu'elle est elle-même inégale. La valeur littéraire de M. A. Hermant, hautement affirmée dans deux ou trois scènes, qui sont fort belles en soi, se dépense, le reste du temps, en caquetages mondains du caractère le plus déplaisant. L'immoralité de la plupart des personnages qui forment l'entourage de Mme Riverol, entremetteuse inconsciente, a quelque chose d'artificiel, de voulu, qui lasse le bon vouloir des spectateurs.
Au théâtre de la Gaîté, nous avons eu une bonne reprise du Roman d'un jeune homme pauvre, d'Octave Feuillet. Le talent chaleureux de Mme Suzanne Munte et de M. Marquet parvient à faire applaudir des sentiments et un langage quelque peu démodés, et met en relief les intentions de la pièce, qui sont grandes et généreuses.