DEUX DIPLOMATES EN TÊTE A TÊTE

Les négociations franco-allemandes engagées au sujet de la question marocaine auront singulièrement traîné en longueur. Toutes les difficultés semblaient aplanies, lorsque de nouvelles objections ont surgi du côté de Berlin; il a fallu entamer des pourparlers complémentaires afin de régler divers points restés douteux, de déterminer certaines précisions jusqu'aux plus menus détails.

Deux notables diplomates ont été chargés de cette tâche délicate: pour la France, M. Revoil, directeur du cabinet du ministre des Affaires étrangères; pour l'Allemagne, le docteur Rosen, récemment nommé représentant de cette puissance à Tanger. Celui-ci, qui doit aller remplacer le comte Tattenbach après l'accomplissement de sa mission spéciale à Paris, a fait, jeune encore, une brillante carrière à la chancellerie impériale. Quant à M. Revoil, il était d'autant mieux qualifié en la circonstance qu'avant de devenir gouverneur général de l'Algérie en 1901, il occupait le poste de ministre de France au Maroc.

Ces messieurs se sont abouchés le 8 septembre, au quai d'Orsay, et, depuis cette date, il ne s'est guère passé de jours sans qu'on lût dans les journaux une information concise constatant ou annonçant une entrevue de M. Revoil et du docteur Rosen. Voilà donc trois semaines que dure leur conversation. Que se sont-ils dit au juste? Mystère et secret professionnel! Mais il y a lieu de présumer qu'ils échangèrent des propos intéressants et que les subtilités de la «forme» leur fournirent une rare occasion d'exercer leur patience; car en style diplomatique, on le sait, les moindres mots, une virgule même, prennent parfois une importance capitale. On souhaite que leur commun effort aboutisse enfin à un résultat satisfaisant.

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