LES SIX SURVIVANTS DU NAUFRAGE, QUI ONT ÉTÉ RECUEILLIS DANS LA MATURE DE L'HILDA

LES NAUFRAGÉS DE L'«HILDA», AU LEVER DU JOUR
D'après le récit du chauffeur anglais Grinter.

Tout à coup un choc formidable se produisit, a raconté un survivant du naufrage, le matelot Grinter. Le commandant Gregory, parfaitement calme, donna l'ordre de mettre les embarcations à la mer. L'opération ne put être faite que pour deux d'entre elles, qui elles-mêmes chavirèrent bientôt. Le navire coulait rapidement.

«Nous étions, ajouta Grinter, dans un tourbillon de neige quand le bateau sombra; je fus lancé dans les gréements et je grimpai au grand mât avec le second et le cuisinier. La mâture fut complètement couchée; un certain nombre de Français qui s'y étaient réfugiés de l'autre côté furent brusquement plongés dans la mer, puis le mât se releva à demi. Il y avait environ vingt personnes dans les agrès quand le navire coula. Environ deux heures après que le navire eut coulé, le maître-coq lâcha et glissa dans l'eau; le second tint jusqu'à 6 heures, mais à ce moment il tomba en avant sur le gréement, où son cadavre resta accroché. Un autre homme mourut, tomba et resta suspendu par un pied. Un peu avant le lever du jour, un Français mourut à son tour et tomba, retenu par une jambe. Enfin, à l'aube, nous vîmes les effrayantes roches sur lesquelles nous avions naufragé, et j'aperçus l'Ada à environ un demi-mille.»

Le lendemain, on put se rendre compte de la position de l'épave, brisée net par le ressac en deux endroits.

Depuis, chaque jour a apporté son contingent de cadavres, les uns recueillis en mer, où leur ceinture de sauvetage les maintenait flottants, les autres jetés à la côte en longues et sinistres théories.

Voir aussi la double page hors texte sur le naufrage de l'Hilda.