La nitrification intensive.

«Tenir sa poudre sèche» est chose d'actualité; mais, une bonne façon de l'avoir sèche, c'est de ne pas en faire de trop grandes provisions d'avance. D'ailleurs, étant donnée la quantité de munitions nécessaires dans les guerres modernes, les approvisionnements ne sauraient durer longtemps.

D'autre part, on ne pourrait assurément, pour faire de la poudre, se contenter, comme dans les guerres de la Révolution, de gratter les vieilles murailles des caves et des écuries pour se procurer du salpêtre.

Mais on sait, depuis les travaux de Schlosing et Müntz, que la nitrification n'est qu'une fermentation. Le ferment trouvé, il devenait donc possible de produire des salpêtrières artificielles sur une vaste échelle.

C'est ce qu'ont fait MM. Laine et Müntz, qui ont obtenu ce résultat en faisant couler une solution de sel ammoniac sur un lit de noir animal ensemencé d'organismes nitrificateurs.

Une salpêtrière ainsi formée, ayant un hectare de superficie, pourrait donner 16.000 kilos de salpêtre par jour, soit plus de 6 millions de kilos par an.

Voici des résultats rassurants: la poudre ne manquera pas.