Les plantes lumineuses.
Vers 1843, Heller signalait la luminescence des bois en putréfaction. Cette lueur est produite par des champignons vivant à la surface de divers végétaux et dont on connaît aujourd'hui une quinzaine de variétés. Ainsi s'explique que, dans les forêts tropicales, on voie souvent briller les feuilles de bambou et d'autres espèces; en Europe, les feuilles mortes du chêne et du hêtre, en décomposition et un peu humides, présentent parfois un phénomène identique. D'autre part, certaines photo-bactéries vivent en grand nombre à la surface des poissons de mer, devenant lumineuses vingt-quatre ou trente-six heures après la mort de ces derniers, pour s'éteindre dès qu'apparaît la putréfaction. Elles se développent également sur la viande de mammifère que le professeur R. Dubois, de l'université de Lyon, utilisa le premier pour les isoler et les cultiver à l'état de pureté. En les ensemençant ensuite dans un ballon de verre garni de gélatine, il obtint la fameuse lampe «à lumière froide».
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Feuille d'arbre partiellement couverte de bactéries lumineuses. |
Plantes en germination près d'un tube rempli de bactéries lumineuses. |
On savait que cette lumière impressionne la plaque photographique dans un temps assez long, mais on n'avait pas encore songé à constater sa puissance phototropique. Une de nos gravures montre des plantes mises en germination près d'un tube renfermant des bactéries photogènes: leurs tiges poussent presque droit vers la source lumineuse.