LE PRÉSIDENT «INDÉSIRABLE»
L'ex-président du Venezuela, Cipriano Castro, a été jugé «undesirable» par la police d'immigration de New-York où l'amenait, il y a trois semaines, un paquebot français. L'ex-dictateur qui a trouvé peu de sympathies sur l'ancien continent, avait résolu de revenir vers le nouveau monde, aux États-Unis, où il avait toutes sortes de bonnes raisons de s'installer à titre fixe ou provisoire. Mais, pour d'autres non moins excellents motifs, les Etats-Unis se sont refusés à laisser débarquer sur leur territoire le trop fameux agitateur. Et Castro a été retenu en quarantaine à Ellis-Island, cependant qu'une commission juridique et médicale établissait que la présence de cet immigrant, trop exceptionnel, ne pouvait être désirée sur le territoire de la libre Amérique. Mais Castro, qui manifeste peu de goût pour être «rapatrié» en Europe, fût-ce en Allemagne, ne s'est pas incliné et compte épuiser toutes les ressources de la procédure qui lui est offerte en pareille matière. En attendant quoi, il prend, au hasard, comme en témoigne notre document, des attitudes pour la postérité et publie une protestation solennelle où l'on retrouve un peu de l'accent napoléonien. Le général Castro n'a-t-il point conservé d'ailleurs, lui aussi, en ses mauvais jours, son «petit chapeau» des temps de gloire, la calotte laurée d'or, insigne un peu fané de sa toute-puissance de jadis? Il est vrai qu'il a aussi conservé ses pantoufles, ce qui, dans ce rapprochement historique, suffit à maintenir tout de même les distances.