LES DEUX GRANDS ÉLECTEURS DU CONGRÈS DE VERSAILLES
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Pour M. Pams: M. Georges Clemenceau. | LE NOUVEAU CABINET Au lendemain de son élection à la présidence de la République, M. Raymond Poincaré, en complet accord avec ses collègues, remettait à M. Armand Fallières la démission du ministère. Le soir même, le chef de l'État confiait à M. Aristide Briand la mission de former le nouveau cabinet. La tâche qu'avait assumée allègrement M. Aristide Briand lui fut facile. Son rêve eût été de conserver, groupés autour de lui, tous les collaborateurs du cabinet Poincaré, puisque aussi bien il entend continuer la politique qui, depuis un an, a donné de si féconds résultats. Mais en dehors de M. Pams, qui s'était retiré la veille de l'élection présidentielle, trois autres de ses collègues lui exprimèrent le regret de ne pouvoir demeurer à ses côtés: MM. Delcassé, ministre de |
Pour M. Poincaré: M. Briand. |
la Marine, Léon Bourgeois, ministre du Travail, et M. Lebrun, qui avait remplacé au ministère de la Guerre M. Millerand. Il fallut donc pourvoir--avec celui des Affaires étrangères--quatre portefeuilles de titulaires nouveaux. De plus, quelques remaniements furent nécessaires dans l'attribution des autres départements, M. Aristide Briand tenant à prendre, avec la présidence du Conseil, le ministère de l'Intérieur.
Le ministère fut constitué dès mardi soir:
Dix de ses membres appartenaient déjà à l'ancien cabinet, cinq qui y reprennent des portefeuilles avaient précédemment été ministres: M. Barthou, qui remplace M. Aristide Briand à la vice-présidence du conseil des ministres, avait déjà occupé ces hautes fonctions. M. Jonnart a été ministre des Travaux publics en 1893-1894, mais il s'est surtout imposé à l'attention dans les hautes fonctions de gouverneur général de l'Algérie, auxquelles il fut appelé à deux reprises, en 1900, puis de 1903 à 1911. M. Eugène Etienne, qui avait été auparavant ministre de l'Intérieur, prit le portefeuille de la Guerre dans le cabinet Rouvier et le conserva dans le cabinet Sarrien. Enfin, M. Pierre Baudin, ancien ministre des Travaux publics, est désigné pour présider aux destinées de la marine par sa qualité de président de la Ligue maritime, et par l'intelligente sollicitude qu'il a toujours montrée aux choses de la marine.
M. David. M. Bourély. M. P. Morel. H. Chaumet. M. J. Dupuy.
Agriculture. S.-s. Finances. S.-s. Intérieur. S.-s. Postes. Travaux publ.
E. Besnard. M. Jonnart. M. Guist'hau. M. L. Barthou. M. Briand. M. J. Morel.
Travail. Maires étr. Commerce. Justice. Intérieur. Colonies.
M. Klotz. M. P. Baudin M. Steeg M. I. Bérard. M. Etienne.
Finances. Marine. Instr. publ. S.-s. Beaux-Arts, Guerre.
LE NOUVEAU MINISTÈRE, PRÉSIDÉ PAR M. BRIAND.--Phot. H. Manuel.
LES SOUVENIRS DE L'ÉPOPÉE, A NICOPOLIS.--La princesse Marie Bonaparte (Georges de Grèce) visite les lieux où furent ensevelis, en 1798, parmi les ruines antiques, les héroïques défenseurs français de Preveza.--Phot. S. Vlasto.
On a dit avec quel dévouement les jeunes princesses de la famille royale de Grèce ont organisé les secours aux blessés en Grèce, en Thessalie et en Epire, mais il sera particulièrement agréable aux Français qu'un ami de L'Illustration, actuellement en Epire, M. S. Vlasto, leur signale le rôle bienfaisant, en cette guerre, d'une princesse de France, la princesse Georges de Grèce, née princesse Marie Bonaparte:
«Après avoir installé à ses frais le vaisseau-hôpital Albania, la princesse Marie est venue à Preveza où, de ses deniers, elle a créé un hôpital qu'elle a placé sous la direction de Mme Panas, veuve du célèbre chirurgien, dame de la Croix-Rouge française.
«Toute l'Epire est sous le charme de cette princesse française qui ne recule devant aucune fatigue, visite et soigne elle-même les blessés, organise des soupes populaires pour les réfugiés et porte partout le rayonnement de sa bonté et de sa beauté.
» Le hasard a conduit les pas de la princesse Marie à Nicopolis où eut lieu en 1798 la défense héroïque de 280 Français assiégés par 6.000 sauvages musulmans sous les ordres de Mouktar pacha, le fils du fameux Ali, pacha de Janina.
»Fouqueville raconte (tome I, chapitre IV, de son Histoire de la régénération de la Grèce) l'admirable résistance de quelques soldats français conduits par Tissot et le capitaine Richemond. Il décrit l'affreux massacre des prisonniers, «le bras du bourreau nègre qui n'avait cessé d'égorger s'arrêta, son corps s'agita convulsivement, ses genoux fléchirent et il vint tomber asphyxié au milieu des martyrs».
»La photographie représente la princesse Marie, qui, adossée aux murs du petit théâtre antique de Nicopolis, contemple les lieux où furent massacrés et où sont enterrés les soldats de Bonaparte.»
Les porte-drapeau des régiments qui ont combattu en Tripolitaine, suivis de leurs colonels respectifs, gravissent l'autel de la Patrie, où le roi d'Italie épingle sur chaque étendard la médaille de la campagne de Libye.--Phot. Vaucher et Luigi Veccia.