LE «GRAND DIVAN» VIEUX-TURC DU 22 JANVIER ET LE COUP D'ÉTAT JEUNE-TURC DU 23
Le soir du 22 janvier, notre envoyé spécial Georges Rémond, resté à Constantinople dans l'attente des événements (car il s'était jusque-là refusé personnellement à croire que la paix se ferait à Londres), nous adressait une intéressante correspondance relative à la réunion du «Grand Divan», qui venait d'autoriser le ministère Kiamil pacha à céder Andrinople aux alliés balkaniques. Le lendemain même allait se produire le coup de force militaire que notre collaborateur, dans toutes ses précédentes lettres privées, n'avait jamais cessé de considérer comme possible. Et, le 24, il nous écrivait: «Je ne prévoyais certes plus cela avant-hier. L'impression qui se dégageait du spectacle du «Grand Divan», du décor matériel et moral au milieu duquel il s'était déroulé était bien telle que je vous l'ai décrite. Je n'ai rien à changer à ce récit, qui, si vous le publiez intégralement, formera, avec la relation des faits ultérieurs, un contraste saisissant: les lecteurs de L'Illustration y trouveront un fidèle reflet des contradictions où se débat l'Empire Ottoman, et le témoignage le plus probant des angoisses et des convulsions de Constantinople.»