UNE MISSION MILITAIRE RUSSE

EN FRANCE

Les liens de camaraderie et d'estime qui unissent les officiers des deux armées française et russe ont eu, récemment, l'occasion de s'affirmer--de même qu'à l'automne dernier, lors des grandes manoeuvres auxquelles assistèrent le grand-duc Nicolas et son état-major--pendant le séjour au camp de Mailly de la mission militaire chargée d'étudier l'organisation et le fonctionnement de nos cours d'artillerie de campagne. Venus pour une visite technique, les membres de cette mission, qui comprenait le général Delwig, commandant la 24e brigade d'artillerie à Louga, le général Serge de Béliaeff, commandant la 29e brigade d'artillerie à Riga, les colonels Hanjine, de la 44e brigade d'artillerie, Pastchenko, de la 3e brigade d'artillerie de la Garde, et de Woyna-Pantchenko, aide de camp du grand-duc Serge, témoignèrent à leurs hôtes une affectueuse sympathie, que devaient rendre plus vive encore deux semaines de vie commune entre «gens de métier».

Du 31 mars au 12 avril, la mission russe suivit les exercices de tir que comportent, pour nos officiers, les cours d'artillerie de campagne. Et elle put admirer, sur le terrain, à quel point de précision est porté, dans l'arme savante par excellence, le maniement de notre merveilleux canon de 75. C'est au cours d'un de ces exercices qu'a pu être prise la curieuse photographie reproduite ici. Pour mieux se familiariser avec notre matériel, les membres de la mission tinrent à se mettre eux-mêmes à l'oeuvre. Et jamais sans doute pièce ne groupa autour d'elle autant de «servants» de marque, puisque le pointeur en était le général Delwig; le tireur, le général de Béliaeff; le chargeur, le colonel Hanjine, et que les colonels Pastchenko et de Woyna-Pantchenko, et enfin le colonel Nollet, commandant le 60e régiment d'artillerie et président de la commission d'études pratiques du tir de campagne, remplissaient les fonctions de déboucheurs.