LES FÊTES FÉLIBRÉENNES

Mlle Marguerite Priolo, reine du
Félibrige, en costume limousin.

--Phot. Henry Ely.

Lundi dernier, dans l'antique capitale provençale, la cité d'Aix, que, pour son calme majestueux et ses vieux hôtels des dix-septième et dix-huitième siècles, on appela «la Versailles du roi René», les poètes assemblés en cour d'amour aux États de Provence, présidés par Frédéric Mistral, ont procédé, comme tous les sept ans, à l'élection de leur nouvelle reine.

De toutes les régions où le Félibrige étend son influence intellectuelle et morale, les félibres étaient accourus: du Languedoc, du Béarn, de Catalogne, du Velay, d'Auvergne, du Comtat, de Gascogne. Par un bien charmant privilège, ce fut le lauréat des Jeux Floraux pour 1913, un jeune poète de vingt-quatre ans, M. Bruno-Durand, qui désigna la nouvelle reine du Félibrige, Mlle Marguerite Priolo, une délicieuse jeune fille, déjà reine régionale du Limousin.

La jolie souveraine qui succède pour une période de sept ans à Mlle Magali de Baroncelli-Javon, est la fille du docteur Priolo, de Brive, le plus aimable des Mécènes d'oc, et sa mère était encore, naguère, elle-même, la reine des félibres limousins sur lesquels elle exerça, pendant plus de quinze ans, la plus gracieuse royauté et qui ne lui permirent d'abdiquer le sceptre qu'à la condition de le transmettre à sa fille.