LE PEINTRE AIMÉ MOROT
M. Aimé Morot.--Phot. A. Braun et Cie.
A Dinard, où il était en villégiature, le peintre Aimé Morot, membre de l'Institut, professeur à l'École des Beaux-Arts, commandeur de la Légion d'honneur, vient de succomber, âgé seulement de soixante-trois ans, vaincu par une maladie dont il souffrait depuis longtemps. Le portrait que nous donnons de lui avait été fait il y a cinq ou six ans, alors qu'il était encore officier de la Légion d'honneur.
Nancéen d'origine, il avait étudié à l'atelier Cabanel, d'où il était sorti avec le grand prix de Rome (1873).
Au Salon de cette même année, il débutait avec une toile mythologique remarquée pour sa fraîcheur et sa belle juvénilité, Daphnis et Chloé. Il y montrait déjà ce souci de conception, de précision du dessin, cette conscience qui devaient l'imposer plus tard comme un maître, quand son habileté, sa science de la technique si compliquée de l'art pictural se furent affirmées.
Enumérer ses œuvres, c'est rappeler autant de succès. Ce sont: la Médée, du Salon de 1877; la Bataille des Eaux sextiennes, de 1879; le Bon Samaritain, qui lui valut, en 1880, la médaille d'honneur; cette émouvante Charge des cuirassiers à Reichshoffen, l'un des plus beaux spécimens de la peinture militaire contemporaine,--pour ne citer que les pages les plus retentissantes.
La municipalité de Nancy, sa ville natale, lui avait confié la décoration des salons de son Hôtel de Ville; il fut aussi de la pléiade chargée de décorer l'Hôtel de Ville de Paris. Enfin, il laisse de nombreux portraits, entre autres celui de Léon Gérome, le peintre et le sculpteur célèbre, de qui il avait épousé l'une des filles.
Note du transcripteur: Ce supplément ne nous a pas été fourni.