EN BELGIQUE

En Belgique, les opérations militaires se résument presque entièrement dans les attaques contre Anvers. Les Allemands déploient devant cette place un acharnement qui s’explique par le caractère de réduit suprême offert à la principale armée belge par le camp retranché. Ils n’ont peut-être ni les hommes ni le matériel nécessaires pour un siège régulier précédé d’un investissement. Le rayon défendu par les forts détachés les plus éloignés représente en effet un circuit de 100 kilomètres; il faudrait plusieurs armées pour opérer l’investissement. Aussi les Allemands s’efforcent-ils d’enlever un ou deux des forts extérieurs, de façon à atteindre la seconde ligne formée par les forts du général Brialmont.

Anvers, on le sait, est sur l’Escaut; ce fleuve reçoit, au Sud de la ville, le Rupel, formé par la Dyle et la Nèthe. Le fleuve et les rivières affluentes constituent un fossé précieux pour la défense de la région fortifiée. En amont de la jonction du Rupel, le territoire, au Nord de l’Escaut, jusqu’à la frontière des Pays-Bas, est très étroit; en outre, il est encore rétréci par la zone de terrains inondables étendus au Nord de Saint-Nicolas. Cette bande de terrain est la ligne de retraite de l’armée belge vers l’Ouest, dans le cas où elle voudrait évacuer Anvers pour aller tenir campagne dans les deux provinces de Flandre ou en France; aussi les Allemands ont-ils tenté des efforts inouïs pour franchir l’Escaut et faire du côté de l’Ouest le blocus de la place. De là leur acharnement contre Termonde, qui possède les derniers ponts fixes sur le fleuve, et l’incendie de cette pauvre ville, coupable d’avoir empêché tous les mouvements de l’ennemi.

Les Hauts de Meuse et la Woëvre.

La ligne de l’Escaut a pu être préservée jusqu’ici; en ce moment c’est celle de la Nèthe qui est l’objet des attaques; mais, pour aborder la rivière, il faut d’abord s’emparer des forts de sa rive gauche; de là ces attaques furibondes contre les forts de Wawre, de Waelhem et de Koningshoyekt. Jusqu’à présent, il ne semble pas qu’elles aient été couronnées de succès; au contraire, soit les forts, soit les sorties de la garnison, ont causé des pertes terribles aux Allemands. Mais ceux-ci ne sont pas avares du sang de leurs soldats: des milliers d’hommes peuvent tomber, des milliers d’autres sont amenés sous le feu des canons.

A cela se bornent les renseignements sur la Belgique, mais de grands mouvements de troupes ennemies ont dû avoir lieu dans le Sud des Flandres, puisque les Allemands ont franchi la frontière belge en traversant la Lys.