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Maintenant, c'est ici le rocher fatidique,

Et je vais t'expliquer tout ce que je t'indique;

Je vais t'emplir les yeux de nuit et de lueurs.

Prépare-toi, front triste, aux funèbres sueurs.

Le vent d'en haut sur moi passe, et, ce qu'il m'arrache,

Je te le jette; prends, et vois.

Et, d'abord, sache

Que le monde où tu vis est un monde effrayant

Devant qui le songeur, sous l'infini ployant,

Lève les bras au ciel et recule terrible.

Ton soleil est lugubre et ta terre est horrible.

Vous habitez le seuil du monde châtiment.

Mais vous n'êtes pas hors de Dieu complétement;

Dieu, soleil dans l'azur, dans la cendre étincelle,

N'est hors de rien, étant la fin universelle;

L'éclair est son regard, autant que le rayon;

Et tout, même le mal, est la création,

Car le dedans du masque est encor la figure.

--O sombre aile invisible à l'immense envergure

Esprit! esprit! esprit! m'écriai-je éperdu.

Le spectre poursuivit sans m'avoir entendu: