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Dans la nature transparente,

C'est l'oeil des regards ingénus,

Un penseur à l'âme ignorante,

Un grave marcheur aux pieds nus!

Oui, c'est un coeur, une prunelle,

C'est un souffrant, c'est un songeur,

Sur qui la lueur éternelle

Fait trembler sa vague rougeur.

Il est là, l'âme aux cieux ravie,

Et près d'un branchage enflammé.

Pense, lui-même par la vie

Tison à demi consumé.

Il est calme en cette ombre épaisse;

Il aura bien toujours un peu

D'herbe pour que son bétail paisse,

De bois pour attiser son feu.

Nos luttes, nos chocs, nos désastres,

Il les ignore; il ne veut rien

Que, la nuit, le regard des astres,

Le jour, le regard de son chien.

Son troupeau gît sur l'herbe unie;

Il est là, lui, pasteur, ami,

Seul éveillé, comme un génie

A côté d'un peuple endormi.

Ses brebis, d'un rien remuées,

Ouvrant l'oeil près du feu qui luit,

Aperçoivent sous les nuées

Sa forme droite dans la nuit;

Et, bouc qui bêle, agneau qui danse,

Dorment dans les bois hasardeux

Sous ce grand spectre Providence

Qu'ils sentent debout auprès d'eux.