AUTRES ENFANTS NATURELS ET LÉGITIMÉS.
De Françoise-Athénaïs de Rochechouart Mortemar, femme de Louis de Gondrin, marquis de Montespan. Comme ils naquirent tous pendant la vie du marquis de Montespan, le nom de la mère ne se trouve point dans les actes relatifs à leur naissance et leur légitimation:
Louis-Auguste de Bourbon, duc du Maine, né le 31 mars 1670, mort en 1736;
Louis-César, comte de Vexin, abbé de Saint-Denys et de Saint-Germain-des-Prés, né en 1672, mort en 1683;
Louis-Alexandre de Bourbon, comte de Toulouse, né le 6 juin 1678, mort en 1737;
Louise-Françoise de Bourbon, dite Mademoiselle de Nantes, née en 1673, mariée à Louis III, duc de Bourbon-Condé, morte en 1743; Louise-Marie de Bourbon, dite Mademoiselle de Tours, morte en 1681;
Françoise-Marie de Bourbon, dite Mademoiselle de Blois, née en 1677, mariée à Philippe II, duc d’Orléans, régent de France, morte en 1749.
Deux autres fils, morts jeunes, dont l’un de mademoiselle de Fontanges.
Louis, dauphin, a laissé une fille naturelle. Après la mort de son père on voulut la faire religieuse; madame la duchesse de Bourgogne, apprenant que cette vocation était forcée, s’y opposa, lui donna une dot, et la maria.
PRINCES ET PRINCESSES DU SANG ROYAL,
QUI VÉCURENT DANS LE SIÈCLE DE LOUIS XIV.
Jean-Baptiste Gaston, duc d’Orléans, second fils de Henri IV et de Marie de Médicis, né à Fontainebleau en 1608, presque toujours infortuné, haï de son frère, persécuté par le cardinal de Richelieu, entrant dans toutes les intrigues, et abandonnant souvent ses amis. Il fut la cause de la mort du duc de Montmorenci, de Cinq-Mars, du vertueux de Thou. Jaloux de son rang et de l’étiquette, il fit un jour changer de place toutes les personnes de la cour à une fête qu’il donnait; et prenant le duc de Montbazon par la main pour le faire descendre d’un gradin, le duc de Montbazon lui dit: «Je suis le premier de vos amis que vous ayez aidé à descendre de l’échafaud.» Il joua un rôle considérable, mais triste, pendant la régence, et mourut relégué à Blois, en 1660.
Élisabeth, fille de Henri IV, née en 1602, épouse de Philippe IV, très malheureuse en Espagne, où elle vécut sans crédit et sans consolation: morte en 1644.
Christine, seconde fille de Henri IV, femme de Victor-Amédée, duc de Savoie. Sa vie fut un continuel orage à la cour et dans les affaires. On lui disputa la tutèle de son fils, on attaqua son pouvoir et sa réputation. Morte en 1663.
Henriette-Marie, épouse de Charles Iᵉʳ, roi de la Grande-Bretagne, la plus malheureuse princesse de cette maison; elle avait presque toutes les qualités de son père. Morte en 1669.
Mademoiselle de Montpensier[15], nommée la Grande Mademoiselle, fille de Gaston et de Marie de Bourbon-Montpensier, dont nous avons les Mémoires, et dont il est beaucoup parlé dans cette histoire; morte en 1693.
Marguerite-Louise, femme de Cosme de Médicis, laquelle abandonna son mari et se retira en France.
Françoise-Magdeleine, femme de Charles-Emmanuel, duc de Savoie.
Philippe, Monsieur, frère unique de Louis XIV, mort le 9 juin 1701. Il épousa Henriette, fille de Charles Iᵉʳ, roi d’Angleterre, petite-fille de Henri-le-Grand, princesse chère à la France par son esprit et par ses graces, morte à la fleur de son âge en 1670. Il eut de cette princesse Marie-Louise, mariée à Charles II, roi d’Espagne, en 1679, morte à 27 ans, en 1689; et Anne-Marie, mariée à Victor-Amédée, duc de Savoie, depuis roi de Sardaigne. C’est à cause de ce mariage que dans la plupart des mémoires sur la guerre de la succession, on nomme le duc d’Orléans oncle[16] de Philippe V.
Ce fut lui qui commença la nouvelle maison d’Orléans. Il eut de la fille de l’électeur palatin, morte en 1722,
Philippe d’Orléans, régent de France, célèbre par le courage, par l’esprit, et les plaisirs; né pour la société encore plus que pour les affaires; et l’un des plus aimables hommes qui aient jamais été. Sa sœur a été la dernière duchesse de Lorraine. Mort en 1723.
LA BRANCHE DE CONDÉ EUT UN TRÈS GRAND ÉCLAT.
Henri, prince de Condé, second du nom, premier prince du sang, jouit d’un crédit solide pendant la régence, et de la réputation d’une probité rare dans ces temps de trouble. Possédant environ deux millions de rente selon la manière de compter d’aujourd’hui, il donna dans sa maison l’exemple d’une économie que le cardinal Mazarin aurait dû imiter dans le gouvernement de l’état, mais qui était trop difficile. Sa plus grande gloire fut d’être le père du grand Condé. Mort en 1646.
Le grand Condé, Louis II du nom, fils du précédent et de Charlotte-Marguerite de Montmorenci, neveu de l’illustre et malheureux duc de Montmorenci, décapité à Toulouse, réunit en sa personne tout ce qui avait caractérisé pendant tant de siècles ces deux maisons de héros. Né le 8 septembre 1621: mort le 11 décembre 1686.
Il eut de Clémence de Maillé de Brézé, nièce du cardinal de Richelieu,
Henri-Jules, nommé communément Monsieur le Prince, mort en 1709.
Henri-Jules eut d’Anne de Bavière, palatine du Rhin,
Louis de Bourbon, nommé Monsieur le duc, père de celui qui fut le premier ministre sous Louis XV: mort en 1710.