SCÈNE VIII
Un autre côté de la plaine.
MÉNÉLAS ET PARIS entrent en combattant, puis vient THERSITE.
THERSITE.—Ah! Ménélas et celui qui lui a fait cadeau de ses cornes sont aux prises. Allons, taureau! allons, dogue! allons Pâris! allons, courage, moineau à double femelle: allons, Pâris! allons. Le taureau a l'avantage: gare les cornes. Holà!
(Pâris et Ménélas sortent.)
MARGARÉLON survient.—Tourne-toi, esclave, et combats.
THERSITE.—Qui es-tu?
MARGARÉLON.—Un fils bâtard de Priam.
THERSITE.—Je suis bâtard aussi. J'aime les bâtards: je suis bâtard de naissance, bâtard d'éducation, bâtard dans l'âme, bâtard en valeur, bâtard en tout. Un ours n'en mord pas un autre; pourquoi donc les bâtards se feraient-ils du mal? Prends-y garde, la dispute nous serait fatale. Si le fils d'une femme perdue combat pour une femme perdue, il appelle le jugement. Adieu, bâtard.
MARGARÉLON.—Que le diable t'emporte, lâche!
(Ils sortent.)