La famille Dumont vient voir Jeanne.
La famille Dumont vint, le mardi, voir Jeanne, qui leur avait dit la veille qu'elle était emménagée.
«Sais-tu que tu n'es pas du tout mal logée, petite Jeanne? lui dit Mme Isaure; et qu'as-tu donc dans ta basse-cour?
--Rien encore, madame; maître Tixier va me donner une chèvre, un coq et deux poules.
--Qu'il te donne plutôt deux canes et un canard, dit Mme Dumont; je t'enverrai un coq et deux poulettes de ma belle race.
--Et moi, dit Auguste, qui était devenu un bel officier, je t'apporterai une paire de ces jolis pigeons que tu aimes tant.
--Et moi, dit Mme Sophie, je te donnerai une jolie chatte à longs poils pour te tenir compagnie; car, ma pauvre Jeanne, tu vas trouver la maison bien grande quand tu seras seule toute la journée.
--Oh! je vais chercher de l'ouvrage tout de suite après avoir sevré Sylvain. Quand vous aurez besoin de quelqu'un, ne m'oubliez pas, s'il vous plaît.
--Et la petite Nannette, qu'en feras-tu quand tu iras travailler?
--Je la mènerai au Grand-Bail, ainsi que son frère; ils s'amuseront autour de la maison: Nannette gardera le petit, et Louise aura l'oeil sur les deux.
--Comme il est frais, ton Sylvain! Jeanne; si j'ai un enfant, tu me le nourriras, dit Mme Isaure.
--Avec grand plaisir, ma chère dame; ordonnez ici comme chez vous.»