La mère Nannette s'éteint tout à fait.
Un jour du mois de décembre, le soleil ayant percé les nuages, Jeanne mena le bétail à l'abreuvoir. En revenant, elle fit le grand tour par la pelouse; ses bêtes, qui ne sortaient pas depuis longtemps, étaient bien contentes de se trouver dehors, et Jeanne se pressait d'autant moins de les ramener à l'étable que la mère Nannette semblait mieux ce jour-là. En rentrant, elle alla tout droit au lit de la malade qu'elle trouva endormie et encore plus pâle que de coutume. Elle ralluma le feu tout doucement pour lui faire chauffer un bouillon. Quand il fut chaud, elle le mit dans un gobelet et le porta à sa chère mère; mais en lui soulevant la tête pour la faire boire, elle la sentit toute froide. Elle courut à la porte appeler du secours. Deux voisines entrèrent et virent bien que tout était fini pour la mère Nannette. Elles voulurent emmener Jeanne, en disant qu'elles se chargeraient de faire la veillée; mais elle leur dit en pleurant à chaudes larmes qu'elle ne voulait pas quitter sa chère mère Nannette avant qu'on l'eût portée en terre. L'une des voisines alla faire la déclaration, pendant que l'autre aidait Jeanne et lui tenait compagnie auprès du lit de la morte.