III

Le soleil cependant a décrit son arc immense, et colore d’un rouge éclat les nuées grises; ses rayons d’or se reflètent tremblants sur la terre et l’onde, et de son trône splendide il enflamme l’occident. Déjà son regard plein de merveilles n’éblouit plus, mais répand des rayons adoucis, et que l’œil supporte; dans un court adieu, avant de s’ensevelir dans les profondeurs de l’espace, il permet aux yeux des mortels de le contempler, et au moment suprême, il disparaît avec lenteur, afin d’enivrer encore toute la création de son vivifiant sourire. Encore à travers la fenêtre il regarde dans la demeure de l’homme... regard mélancolique de l’amitié qu’un voyage nous enlève... Enfin, jetant sur les nuages sa robe de pourpre, il plonge son sein pur dans les mystères de la nature. Voici là nuit, qui de son doigt jaloux efface les traces du jour, et traîne après elle son noir manteau, abri du crime et de la trahison. Où donc le Porte-glaive s’est-il attardé? Voici bien l’heure où il devait, disait-il, après la bataille, s’attaquer aux flacons, et sans renfermer dans son cœur sa vive joie, rassembler sa maison, réjouir sa fille et régaler son gendre. Aussi bien un beau cortège d’hôtes lui est arrivé. Quelle est donc la cause de ce retard inopportun?