X
Auprès de lui une jeune femme... quoi! si jeune, et déjà s’est obscurci le rayon brillant de sa beauté! Ni costume élégant, ni fleurs, ne la parent. Des yeux noirs baisses... une robe de deuil... l’affliction sur ses traits;... elle incline sa tête silencieuse, dont tout l’éclat est dans le sourire de la patience. Par instants, au milieu de ces ombres épaisses de la douleur, une pensée, un souvenir, colorent subitement ses joues, lueur faible et pâle: ainsi parfois la lune en plein éclat, anime d’une vie surnaturelle les traits d’une statue. Belle et noble figure, qui s’envolait vers les anges, environnée déjà du charme de leur pureté, quand l’haleine dévorante des passions de ce monde a terni cette fleur en bouton, et flétri ce jeune cœur comme eût fait l’automne. La voilà encore sur le chemin, où le vent la secoue: être destiné au ciel, chargé des lourdes chaînes de la terre, elle porte un cœur desséché, et brille pourtant comme l’aurore. Pareille à ces fruits de la mer Morte13 dont la couleur ravissante promet au voyageur épuisé de fatigue un nectar, et qui lui donnent des cendres. Dans chacun de ses mouvements une douce tristesse: ni larmes, ni amertume, dans son regard voilé. Non! des chagrins déjà passés on ne voit plus les ravages. C’est le tombeau tranquille d’une espérance perdue. C’est le flambeau du bonheur, qui brûlait dans sa prunelle: le flambeau s’est éteint, et la fumée a obscurci ce visage.