[196] "La question que j'appelerai sociale est la première qui se presente à mon esprit ... Je dis done, que, au point de vue sociale, la diminution de la taxe des lettres, loin d'être favorable uniquement aux négociants, aux gros banquiers, comme on l'a supposé toute à l'heure, sera favorable aussi au plus grand nombre des citoyens ...
"Quant à l'avantage moral qui résulterait de l'accroissement de ces correspondances, je crois inutile de m'appesantir sur ce côté de la question. Est-il douteux, en effet, que les enfants auront toujours à profiter des conseils d'un père, d'une mère? Est-il douteux que les liens de famille so resserreront davantage, lorsque les rélations seront plus fréquentes?"—Le Citoyen Goudchaux, Assemblée Nationale, 24 août 1848 (ibid.).
[197] The total is made up thus:—
| Local letters in towns of the departments | 14½ | millions |
| Local letters in Paris | 10 | " |
| Foreign letters | 7½ | " |
| Letters passing between different towns | 23 | " |
| 55 | " |
[198] See Le Moniteur Universel, Journal Officiel de la République Française, août 1848.
[199] "Je concevrais quo le Gouvernement établît un impôt sur tout autre chose pour favoriser celle-là, mais qu'il établisse un impôt, sur celle-là, cela me parait contradictoire. Tous les jours nous votons des taxes pour faciliter la locomotion des hommes et des choses, nous construisons des routes, des canaux, des chemins de fer dont nous livrons gratuitement l'usage au public, et ensuite nous entravons par des taxes la transmission des idées! Je dis quo le Gouvernement ne doit pas faire des profits sur ce service. C'est là un principe qui s'est étendu sur presque toute l'Europe. En Angleterre on est complètement entré dans cette voie. Aux Etats-Unis le Gouvernement fait des frais et des frais énormes pour en épargner à ceux qui veulent correspondre."—Le Citoyen Frédéric Bastiat, Assemblée Nationale, 24 août 1848, ibid.
[200] "Les frais de la poste sont à peu près de 30 millions. Qu'est-ce que la poste nous porte? Qu'est-ce qu'elle distribue? Elle distribue trois natures d'objets; d'abord une multitude de journaux, et remarquez-le bien, ces journaux sont soumis à la même législation que je propose aujourd'hui pour les lettres; car, telle est la puissance de l'habitude, ce qui vous a paru fort extraordinaire se pratique sous nos yeux, tous les jours pour les journaux; et cependant aujourd'hui vous trouvez singulier qu'on le propose pour les lettres. La poste transporte done des journaux dont le poids, si je ne me trompe, est de 900 kilogrammes.
"Elle transporte ensuite toutes les dépêches administratives dont le poids dépasse 1,000 à 1,100 kilogrammes.
"Enfin elle transporte les lettres dont le poids n'est pas égal ni à celui des journaux, ni à celui des dépêches administratives.
"En conséquence, si vous répartissez les 30 millions ou 35 millions, si vous voulez, sur les trois services, vous verrez qu'il ne faut pas mettre au compte des lettres plus d'une douzaine de millions de francs.