"Pourtant, voilà mon crime! Un songe, une élégie
Me condamne moi-même à mon apologie!
Partout, sur ce vélin, je frissonne de voir
Des vers séditieux soulignés d'un trait noir;
Le doigt accusateur laisse partout sa trace,
Et je suis criminel jusque dans ma préface;
Ah! du moins, il fallait, moins prompt à me juger
Pour me juger, tout lire et tout interroger;
Il fallait, surmontant les ennuis de l'ouvrage,
Jusqu'au dernier feuillet forcer votre courage,
Et, traversant mon livre un scalpel à la main,
Avancer hardiment jusqu'au bout du chemin.
Certes, si comme vous on dépeçait un livre,
Combien peu d'écrivains seraient dignes de vivre!
Qu'on pourrait aisément trouver de noirs desseins
Jusque dans l'Évangile et les ouvrages saints!
Ma prose est toujours prête à disculper ma muse;
La note me défend quand le texte m'accuse;
D'un tissu régulier pourquoi rompre le fil?
De quel droit venez-vous, annotateur subtil,
Dédaignant mon histoire, attaquer mon poëme,
Prendre comme mon tout la moitié de moi-même,
Et, fort de ma pensée arrêtée au milieu,
Diviser contre moi l'indivisible aveu?
Mais j'ose plus encor, fort de mon innocence,
Armé du texte seul, j'accepte la défense;
Seulement, n'allez pas, envenimant mes vers,
D'un sens clair et précis extraire un sens pervers!
Gardez-vous de chercher, trop savant interprète,
Sous ma lucide phrase une énigme secrète!
Ainsi, quand vous lirez: 'qu'à mes yeux éblouis,
La gloire a dérobé les fils de saint Louis;
Qu'aveuglément soumis aux droits de la puissance,
Je ne me doutais pas, dans mon adolescence,
Que l'héritier des lys, exilé de Mittau,
Régnait chez les Anglais dans un humble château,
Et que, depuis vingt ans, sa bonté paternelle!
Rédigeait pour son peuple une charte éternelle!'
Lisez de bonne foi comme chacun me lit.
Pourquoi vous tourmenter à flairer un délit,
A tourner ma franchise en coupable ironie,
A voir un seul côté de mon double génie?
Voulez-vous donc me lire aux lueurs du fanal
Dont la sainte Gazette escorte son journal,
Et, serrant vos deux mains à nuire intéressées,
Exprimer du poison en tordant mes pensées?"
Those are certainly the well-turned lines of a very clever versifier if not of a great poet. At Athens, before the Areopagitica where Æschylus pleaded his cause, M. Barthélemy would have been acquitted! But what could he expect? We are not Athenians, and our judges are by no means archons.
The poet proceeded, nevertheless, although it was easy to read, in the frowning faces of the judges, their want of sympathy with the defence of the accused.
Again let us listen to Barthélemy:—
"Jusqu'ici, l'on m'a vu, d'un tranquille visage,
Conquérir pour ma cause un facile avantage.
J'ai vengé sans effort, dans mon livre semés,
Quelques vers, quelques mots par Thémis décimés.
Redoublons de courage: un grand effort nous reste;
Abordons sans pâlir ce passage funeste,
De l'un à l'autre bout chargé de sombres croix!
Là, sapant par mes vœux le palais de nos rois,
Ébranlant de l'État la base légitime,
D'un sang usurpateur j'appelle le régime,
J'invoque la Discorde aux bras ensanglantés!
Est-il vrai? Suis-je donc si coupable?... Écoutez!
'Il sait donc désormais, il n'a plus à connaître
Ce qu'il est, ce qu'il fut et ce qu'il pouvait être.
Oh! que tu dois souvent te dire et repasser
Dans quel large avenir tu devais te lancer!
Combien dans ton berceau fut court ton premier rêve
Doublement protégé par le droit et le glaive,
Des peuples rassurés espoir consolateur,
Petit-fils d'un César, et fils d'un empereur,
Légataire du monde, en naissant roi de Rome,
Tu n'es plus aujourdhui rien que le fils de l'homme!
Pourtant, quel fils de roi contre ce nom obscur
N'échangerait son titre et son sceptre futur?
Mais quoi! content d'un nom qui vaut un diadème,
Ne veux-tu rien, un jour, conquérir par toi-même?
La nuit, quand douze fois ta pendule a frémi,
Qu'aucun bruit ne sort plus du palais endormi,
Et que, seul au milieu d'un appartement vide,
Tu veilles, obsédé par ta pensée avide,
Sans doute que parfois sur ton sort à venir
Un démon familier te vient entretenir.
Oui, tant que ton aïeul, sur ton adolescence,
De sa noble tutelle étendra la puissance,
Les jaloux archiducs, comprimant leur orgueil,
Du vieillard tout-puissant imiteront l'accueil;
Mais qui peut garantir cette paix fraternelle?
Peut-être en ce moment la mort lève son aile;
Tôt ou tard, au milieu de ses gardes hongrois,
Elle mettra la faulx sur le doyen des rois.
Alors, il sera temps d'expliquer ce problème
D'un sort mystérieux ignoré de toi-même.
Fils de Napoléon, petit-fils de François,
Entre deux avenirs il faudra faire un choix.
Puisses-tu, dominé par le sang de ta mère,
Bannir de ta pensée une vaine chimère,
Et de l'ambition éteindre le flambeau!
Le destin qui te reste est encore assez beau;
Les rois ont grandement consolé ton jeune âge;
Le duché de Reichstadt est un riche apanage,
Et tu pourras, un jour, colonel allemand,
Conduire à la parade un noble régiment!
Qu'à ce but désormais ton jeune cœur aspire;
Borne là tes désirs, ta gloire et ton empire.
Des règnes imprévus ne gardons plus l'espoir,
Ce qu'on vit une fois ne doit plus se revoir!'"
Not so, O poet! We shall never see again what we have seen; the phantom child which you have invoked from its premature grave was only to be seen by history as a pale spectre held up to view in a dim poetic distance, as Astyanax or Britannicus; the days that have been we shall know no more. But the future was reserving a still more extraordinary vision for us, which was to confirm the words Dr. Schlegel said to me in 1838: "History has been invented to prove the futility of the examples she sets before us."
Meanwhile Barthélemy was being sentenced to three months' imprisonment and a fine of 1000 francs, in spite of, or perhaps because of, his pleading. But if the prisoner had not done with Justice, neither had Justice done with the prisoner. Barthélemy was hardly inside the prison before he received the following letter from M. Guillebert, Registrar:—
"PARIS, 6 May 1830
"MONSIEUR,—I had the honour of asking you in my letter of 22 March last, to settle the fines and expenses which you were sentenced to pay by order of the Royal Court on 7 January last, amounting to:—
Invoice
francs
Fine 1,000 00
Ten per cent 100 00
Legal expenses and appeal ditto 81 45
Total, 1,181 45