J'attends de nouveaux ordres.
J'ai l'honneur d'être, etc.,
L'HOMME-MOUCHE
QUATRIÈME ET DERNIÈRE LETTRE DE L'HOMME-MOUCHE
A Monsieur le préfet * * *
MONSIEUR LE PRÉFET,—Vous avez été instruit de l'accident qui m'a forcé de revenir dans la capitale: ça commence à aller un peu mieux; seulement, les reins sont encore bien faibles.... Enfin, n'y pensons plus!... mais je l'ai échappé belle; une canne grosse comme le bras! Ah! ciel! j'en frissonne encore....
Revenons à nos affaires.
Comme, dans la capitale, chaque instant offre un sujet d'observation, je vais tout bonnement vous tracer un petit journal de ma journée.
Je me suis levé à neuf heures; j'ai appelé mon petit Brisquet.... Quel bon chien! quel chien estimable! monsieur le préfet, vous n'en avez pas d'idée. D'abord, il rapporte très-bien; il a un nez ... quel nez! il sent un suspect d'une lieue à la ronde ... et il arrête supérieurement!... je ne fais pas mieux.
J'ai été déjeuner dans un cabaret de la rue Montorgueil. Un cabaret! direz-vous, monsieur le préfet; quel mauvais genre!... Comment un homme de bon ton peut-il fréquenter un tel endroit? Eh bien, détrompez-vous: ce cabaret est quelquefois le rendezvous de jeunes élégants du café de Paris, qui viennent y manger des huîtres fraîches et boire du vin blanc. J'attendis quelque temps. Rien ne me paraissait digne de fixer mon attention, lorsque j'entendis du bruit dans l'escalier, et que je vis monter quatre jeunes gens; ils avaient l'air un peu défait: leur toilette était négligée.... J'y suis: ils sortent du bal, du jeu, etc., etc. Écoutons.