AU TOMBEAU DE BANVILLE

La plus douce des voix qui vibraient sous le ciel
Se tait: les rossignols ailés pleurent le frère
Qui s'envole au-dessus de l'âpre et sombre terre,
Ne lui laissant plus voir que l'être essentiel,

Esprit qui chante et rit, fleur d'une âme sans fiel.
L'ombre élyséenne, où la nuit n'est que lumière,
Revoit, tout revêtu de splendeur douce et fière,
Mélicerte, poète à la bouche de miel.

Dieux exilés, passants célestes de ce monde,
Dont on entend parfois dans notre nuit profonde
Vibrer la voix, frémir les ailes, vous savez
S'il vous aima, s'il vous pleura, lui dont la vie
Et le chant rappelaient les vôtres. Recevez
L'âme de Mélicerte affranchie et ravie.


LIGHT: AN EPICEDE

To Philip Bourke Marston

Love will not weep because the seal is broken
That sealed upon a life beloved and brief
Darkness, and let but song break through for token
How deep, too far for even thy song's relief,
Slept in thy soul the secret springs of grief.

Thy song may soothe full many a soul hereafter,
As tears, if tears will come, dissolve despair;
As here but late, with smile more bright than laughter,
Thy sweet strange yearning eyes would seem to bear
Witness that joy might cleave the clouds of care.