I

CHANSON D'AUTREFOIS

Jamais elle ne raille,
Étant un calme esprit;
Mais toujours elle rit.—
Voici des brins de mousse avec des brins de paille;
Fauvette des roseaux,
Fais ton nid sur les eaux.
Quand sous la clarté douce
Qui sort de tes beaux yeux
On passe, on est joyeux.—
Voici des brins de paille avec des brins de mousse;
Martinet de l'azur,
Fais ton nid dans mon mur.
Dans l'aube avril se mire,
Et les rameaux fleuris
Sont pleins de petits cris.—
Voici de son regard, voici de son sourire;
Amour, ô doux vainqueur,
Fais ton nid dans mon cœur.

II

CHANSON D'AUJOURD'HUI

Je disais:—Dieu qu'aucun suppliant n'importune,
Quand vous m'éprouverez dans votre volonté,
Laissez mon libre choix choisir dans la fortune
L'un ou l'autre côté;
Entre un riche esclavage et la pauvreté franche
Laissez-moi choisir, Dieu du cèdre et du roseau;
Entre l'or de la cage et le vert de la branche
Faites juge l'oiseau.—
Maintenant je suis libre et la nuit me réclame;
J'ai choisi l'âpre exil; j'habite un bois obscur;
Mais je vois s'allumer les étoiles de l'âme
Dans mon sinistre azur.

If this can be surpassed for outward and inward sweetness, the following poem may perhaps have been equaled for sensible and spiritual terror in the range of lyric song.

EN MARCHANT LA NUIT DANS UN BOIS

I

Il grêle, il pleut. Neige et brume;
Fondrière à chaque pas.
Le torrent veut, crie, écume,
Et le rocher ne veut pas.
Le sabbat à notre oreille
Jette ses vagues hourras.
Un fagot sur une vieille
Passe en agitant les bras.
Passants hideux, clartés blanches;
Il semble, en ces noirs chemins,
Que les hommes ont des branches.
Que les arbres ont des mains.