Letter IX

THE FRENCH ‘SONNETS’

O dieux ayes de moy compassion
E m’enseignes quelle preuue certane
Je puis donner qui ne luy semble vain
De mon amour et ferme affection.
Las n’est il pas ia en possession
Du corps, du cueur qui ne refuse peine
Ny dishonneur, en la vie incertane,
Offence de parents, ne pire affliction?
Pour luy tous mes amys i’estime moins que rien,
Et de mes ennemis ie veulx esperere bien.
I’ay hazardé pour luy & nom & conscience:
Ie veux pour luy au monde renoncer:
Ie veux mourire pour luy auancer.
Que reste il plus pour prouuer ma constance?
Entre ses mains & en son plein pouuoir
Je metz mon filz, mon honneur, & ma vie,
Mon pais, mes subjects mon ame assubiectie
Et toute à luy, & n’ay autre vouloir
Pour mon obiect que sens le disseuoir
Suiure ie veux malgré toute l’enuie
Qu’issir en peult, car ie nay autre envie
Que de ma foy, luy faire apparceuoir
Que pour tempest ou bonnace qui face
Iamais ne veux changer demeure ou place.
Brief ie farray de ma foy telle preuue,
Qu’il cognoistra sens feinte ma constance,
Non par mes pleurs ou feinte obeissance,
Come autres ont fait, mais par diuers espreuue.
Elle pour son honneur vous doibt obeissance
Moy vous obeissant i’en puys resseuoir blasme
N’estât, à mon regret, come elle vostre femme.
Et si n’aura pourtant en ce point préeminence
Pour son proffit elle vse de constance,
Car ce n’est peu d’honneur d’estre de voz biens dame
Et moy pour vous aymer i’en puix resseuoir blasme
Et ne luy veux ceder en toute l’obseruance
Elle de vostre mal n’a l’apprehension
Moy ie n’ay nul repos tant ie crains l’apparence
Par l’aduis des parents, elle eut vostre acointance
Moy maugre tous les miens vous port affection
Et de sa loyauté prenes ferme asseurance.
Par vous mon coeur & par vostre alliance
Elle a remis sa maison en honneur
Elle a jouy par vous de la grandeur
Dont tous les siens n’auoyent nul asseurance
De vous mon bien elle à eu la constance,[436]
Et a guagné pour vn temps vostre cueur,
Par vous elle a eu plaisir et bon heur,
Et pour vous a receu honneur & reuerence,
Et n’a perdu sinon la jouissance
D’vn fascheux sot qu’elle aymoit cherement.
Ie ne la plains d’aymer donc ardamment,
Celuy qui n’a en sens, ni en vaillance,
En beauté, en bonté, ni en constance
Point de seconde. Ie vis en ceste foy.
Quant vous l’aymes, elle vsoit de froideur.
Sy vous souffriez, pour s’amour passion
Qui vient d’aymer de trop d’affection,
Son doil monstroit, la tristesse de coeur
N’ayant plesir de vostre grand ardeur
En ses habitz, mon estroit sens fiction
Qu’elle n’auoyt peur qu’imperfection
Peult l’affasser hors de ce loyal coeur.
De vostre mort ie ne vis la peaur
Que meritoit tel mary & seigneur.
Somme de vous elle a eu tout son bien
Et n’a prise ne iamais estimé
Vn si grand heur sinon puis qu’il n’est sien
Et maintenant dist l’auoyr tant aymé.
Et maintenant elle commence à voire
Qu’elle estoit bien de mauuais iugement
De n’estimer l’amour d’vn tel amant
Et vouldroit bien mon amy desseuoir,
Par les escripts tout fardes de scauoir
Qui pour tant n’est en son esprit croissant
Ayns emprunté de quelque auteur eluissant.
A feint tresbien vn enuoy sans l’avoyr
Et toutesfois ses parolles fardez,
Ses pleurs, ses plaints remplis de fictions.
Et ses hautes cris & lamentations
Ont tant guagné que par vous sont guardes.
Ses lettres escriptes ausquells vous donnez foy
Et si l’aymes & croyez plus que moy.
Vous la croyes las trop ie l’appercoy
Et vous doutez de ma ferme constance,
O mon seul bien & mon seul esperance,
Et ne vous peux ie[437] asseurer de ma foy
Vous m’estimes legier je le voy,
Et si n’auez en moy nul asseurance,
Et soubconnes mon coeur sans apparence,
Vous deffiant à trop grande tort de moy.
Vous ignores l’amour que ie vous porte
Vous soubçonnez qu’autre amour me transporte,
Vous estimes mes parolles du vent,
Vous depeignes de cire mon las coeur
Vous me penses femme sans iugement,
Et tout cela augmente mon ardeur.
Mon amour croist & plus en plus croistra
Tant que je viuray, et tiendra à grandeur,
Tant seulement d’auoir part en ce coeur
Vers qui en fin mon amour paroitra
Si tres à cler que iamais n’en doutra,
Pour luy ie veux recercher la grandeure,
Et faira tant qu’en vray connoistra,
Que ie n’ay bien, heur, ni contentement,
Qu’ a l’obeyr & servir loyamment.
Pour luy iattendz toute bon fortune.
Pour luy ie veux guarder santé & vie
Pour luy tout vertu de suiure i’ay enuie
Et sens changer me trouuera tout vne.
Pour luy aussi ie jete mainte larme.
Premier quand il se fit de ce corps possesseur,
Du quel alors il n’auoyt pas le coeur.
Puis me donna vn autre dure alarme
Quand il versa de son sang maint drasme
Dont de grief il me vint lesser doleur,[438]
Qui me pensa oster la vie, & la frayeur
De[439] perdre las la seule rempar qui m’arme.
Pour luy depuis iay mesprise l’honneur
Ce qui nous peut seul prouoir de bonheur.
Pour luy iay hasarde grandeur[440] & conscience.
Pour luy tous mes parents i’ay quisté, & amys,
Et tous aultres respects sont a part mis.
Brief de vous seul ie cherche l’alliance.
De vous ie dis seul soubtein de ma vie
Tant seulement ie cherche m’asseurer,
Et si ose de moy tant presumer
De vous guagner maugré toute l’enuie.
Car c’est le seul desir de vostre chere amye,
De vous seruir & loyaument aymer,
Et tous malheurs moins que riens estimer,
Et vostre volunté de la mien suiure.
Vous conoistres avecques obeissance
De mon loyal deuoir n’omettant la science
A quoy i’estudiray pour tousiours vous complaire
Sans aymer rien que vous, soubs la suiection
De qui ie veux sens nulle fiction
Viure & mourir & à ce j’obtempere.
Mon coeur, mon sang, mon ame, & mon soussy,
Las, vous m’aues promes qu’aurois ce plaisir
De deuiser auecques vous à loysir,
Toute la nuit, ou ie languis icy
Ayant le coeur d’extreme peour transie,
Pour voir absent le but de mon desir
Crainte d’oubly vn coup me vient a saisir:
Et l’autrefois ie crains que rendursi
Soit contre moy vostre amiable coeur
Par quelque dit d’un meschant rapporteur.
Un autrefoys ie crains quelque auenture
Qui par chemin deturne mon amant,
Par vn fascheux & nouueau accident
Dieu deturne toute malheureux augure.
Ne vous voyant selon qu’aues promis
I’ay mis la main au papier pour escrire
D’vn different que ie voulou transcrire,
le ne scay pas quel sera vostre aduise
Mais ie scay bien qui mieux aymer sçaura
Vous diries bien qui plus y guagnera.


CRAWFORD’S DEPOSITION

(State Papers, Scotland, Elizabeth, vol. xiii. No. 14. Cal. Foreign State Papers, Elizabeth, vol. viii. No. 954, February 1566-7.)

The Wordes betwixt the Q. and me Thomas Crawforde bye the waye as she came to Glasco to fetche the kinge, when mye L. my Master sent me to showe her the cause whye he came not to mete her him sellfe.

Firste I made my L. mye masters humble com̃endac̃ons vnto her Mati wth thexcuse yt he came not to mete her praing her grace not to thinke it was eathr for prowdnesse or yet for not knowinge hys duetye towardes her highnesse, but onelye for want of helye at ye present, and allso yt he woulde not p’sume to com in her presence vntille he knewe farder her minde bicause of the sharpe Wordes yt she had spoken of him to Robert Cuningham hys servant in Sterling. Wherebye he thought he Was in her Matis displesvre Notwithstanding he hathe sent hys servantᕦ and frendᕦ to waite vppon her Mati.