Lorsque le général Castaños promit d’obtenir des Anglais des passe-ports pour le passage de votre armée, il ne put s’obliger à autre chose qu’à les demander avec instance, et c’est ce qu’il a fait. Mais comment V. E. put-elle croire que la nation britannique accéderait à la laisser passer, certaine qu’elle allait lui faire la guerre sur un autre point, ou peut-être sur le même?

Je me persuade que ni le général Castaños, ni V. E. ne crurent que ladite capitulation pût être exécutée: le but du premier fut de sortir d’embarras, et celui de V. E. d’obtenir des conditions qui, quoique impossibles, honorassent sa reddition indispensable. Chacun de vous obtint ce qu’il désirait, et maintenant il est nécessaire que la loi impérieuse de la nécessité commande.

Le caractère national ne permet d’en user avec les Français que d’après cette loi, et non d’après celle des représailles; V. E. m’oblige de lui exprimer des vérités qui doivent lui être amères. Quel droit a-t-elle d’exiger l’exécution impossible d’une capitulation avec une armée qui est entrée en Espagne sous le voile de l’alliance intime et de l’union, qui a emprisonné notre roi et sa famille royale, saccagé ses palais, assassiné et volé ses sujets, détruit ses campagnes et arraché sa couronne? Si V. E. ne veut s’attirer de plus en plus la juste indignation des peuples, que je travaille tant à réprimer, qu’elle cesse de semblables et d’aussi intolérables réclamations, et qu’elle cherche, par sa conduite et sa résignation, à affaiblir la vive sensation des horreurs qu’elle a commises récemment à Cordoue. V. E. croit bien assurément que mon but, en lui faisant cet avertissement, n’a d’autre objet que son propre bien: le vulgaire irréfléchi ne pense qu’à payer le mal par le mal, sans apprécier les circonstances, et je ne peux m’empêcher de rendre V. E. responsable des résultats funestes que peut entraîner sa répugnance à ce qui ne peut manquer d’être.

Les dispositions que j’ai données à D. Juan Creagh, et qui ont été communiquées à V. E., sont les mêmes que celles de la junte suprême, et sont, en outre, indispensables dans les circonstances actuelles: le retard de leur exécution alarme les peuples et attire des inconvénients: déjà ledit Creagh m’a fait part d’un accident qui me donne les plus grandes craintes. Quel stimulant pour la populace, de savoir qu’un seul soldat était porteur de 2,180 livres tournois!

C’est tout ce que j’ai à répondre à la dépêche de V. E., et j’espère que celle-ci sera la dernière réponse relative à ces objets, demeurant, sur toute autre chose, dans le désir de lui être agréable, étant son affectionné et sincère serviteur,

Morla.


IX

THE CONVENTION OF CINTRA

1. DEFINITIVE CONVENTION FOR THE EVACUATION OF PORTUGAL BY THE FRENCH ARMY.