Nous entrons avec le plus profond intérêt dans ces salles où vous avez entrepris cette tâche glorieuse, et nous concourrons de tout coeur dans les souhaits que vous venez d'exprimer, dans le voeu que nous formons pour votre prospérité.
Nous nous sommes réjouis, en débarquant il y a deux jours, de voir que vos autorités, avec un si grand nombre de population, manifestaient de la manière la plus énergique et avec une noble générosité la confiance qu'ils avaient placé dans le représentant de leur souveraine.
Soyez persuadé que je comprends toute l'importance de cette confiance. Ce n'est pas à moi personnellement que ces témoignages s'adressent, mais au représentant d'un gouvernement assurant une liberté à laquelle on ne songe pas dans d'autre pays, et qui se trouve unie aux anciens usages et à l'autorité modérée sous laquelle le peuple de notre empire a trouvé le bonheur, la puissance et l'union.
Permettez-moi de vous remercier de votre bien-veillante reception, et de vous dire que je désire avoir ma part de l'approbation que le public accorde à vos travaux, en continuant l'octroi des prix inauguré par Lord Dufferin, qui savait si bien apprécier la valeur de votre université, et qui, en sa qualité de savant, connaissait tout le prix de l'enseignement qu'on y donne.
Ici les élèvès placés sous vos soins, reçoivent tous les jours une large part des connaissances que vous avez puisées à des sources précieuses dans diverses contrées du globe; car les voyages sont aussi propres à instruire que les livres eux-mêmes, et parmi vos professeurs il y en a qui ont parcouru beaucoup de pays et vu beaucoup de peuples différents, et qui ont suivi en Amérique la pratique des fondateurs du Christianisme, en apprenant les langues étrangères, en voyant l'ancien monde, ses habitants, tout en s'initiant à sa littérature immortelle.
Les fondateurs de cette institution ont pourvu aux moyens de faire suivre des cours complets de médecine, qui jusqu'ici n'avaient été ouverts qu'a un petit nombre de personnes; car dans votre institution la medécine s'enseigne d'après une méthode digne de la nation qui a produit Broussais, Bichat, Corvisart et Pinel.
Les sciences naturelles sont enseignées à des hommes qui, en prenant part au développement et aux découvertes des richesses naturelles de ce vaste continent, continueront l'oeuvre de leurs ancetres, les pionniers du Canada.
Cette partie de la puissance renferme des richesses naturelles encore inconnues et qui n'exigent que l'esprit d'entreprise pour leur exploitation.
C'est aussi un pays où l'or, les marbres précieux et les serpentines aideront á augmenter par leur valeur les revenus de la population qui doit neanmoins compter principalement sur la culture du sol et qui dans l'elevage des bestiaux augmentera sa prospérité en approvisionnant les marches de l'Europe.
Je suis très honoré de votre réception, et mon désir le plus sincère est que la Divine Providence permette que l'Université Laval soit toujours le flambeau des arts et des sciences pour la noble et génereuse population de Québec.