I have been the whole day writing you this letter; the preparations for our voyage gave me a thousand interruptions. Besides that, I was obliged to write in English. This last reason will seem a parradox, but I assure you the French is much more familiar to me.* À propos, do you know anything of my Lord Newnham?[11] I heard he was in Germany.

I am, dear Kitty,
Your affectionate nephew
(Not your grave, obedient, humble servant),
E. Gibbon.


5.

To his Father.

10 juin 1756.

Mon très cher Père,

Je reçus hier votre lettre avec beaucoup de plaisir, mais qui ne fut pas tout-à-fait sans mélange d'Inquietude. Je craignois vous avoir encore offensé par quelque nouvelle faute. Vous savez combien une affection vive et sincère prend facilement l'allarme aux plus grandes minucies. Je fus frappé en ouvrant votre lettre de voir votre style ordinaire de Dear Edward changé en un froid Monsieur. Il est vrai que la suite me rassura; j'y voyois un Père tendre qui vouloit bien entrer dans mes peines, les soulager, et me delivrer de toutes mes craintes, en m'assurant que, si je me conduisois toujours d'une façon conforme à mon devoir, le nouvel engagement qu'il avoit pris ne me porteroit aucune prejudice. J'espère que je me connois assez à présent pour pouvoir regarder cette condition comme une promesse absolue. En effet si je m'en écartois, avec quels yeux pourrois-je me regarder moi-même après m'être coupable d'une aussi noire ingratitude pour tant de bonté? Ce trait dont vous me faites part au sujet de votre nouvelle épouse, me la fait déjà aimer d'avance. Je n'aurai pas beaucoup de peine à considérer comme ma mère celle qui, ne pouvant pas me donner la vie, me l'a au moins rendu. J'aurai l'honneur de lui en faire mes très humbles remerciemens, et de l'assurer des vœux qui je fais pour son bonheur. Pour vous, mon très cher Père, je puis vous protester dans la sincerité de mon cœur que tous ceux que je fais à votre sujet ont pour unique but votre felicité mutuelle. Puissiez-vous gouter tous les agreémens d'une Union fondée sur l'amour et l'estime, et puisse je vous réiterer ces mêmes souhaits pendant une longue suite d'années.

Vous me demandez compte de mes études et de mes exercises. Pour vous en rendre il faut nécessairement que j'entre dans un certain détail. Vos questions la-dessus peuvent se rapporter: 1. à mon François. Je sais qu'il s'en faut de beaucoup que je ne possède cette langue aussi bien que je pourrois le faire. Mais j'ose dire pourtant, sans craindre d'en être démenti par Monsieur Pavilliard, que je la sais mieux que la plupart des Anglois que j'ai vu à Lausanne. 2. Mes Langues mortes. Vous savez mieux que personne ma faiblesse par rapport au Latin lorsque j'ai quitté l'Angleterre. Il n'y avoit alors point d'auteur que je pusse lire avec facilité ni par conséquent avec plaisir. A present il n'y en aucun que je ne lise coulamment. J'en ai lu plusieurs depuis quelque peu de tems, tels que la plus grande partie des ouvrages de Ciceron, Virgile, Saluste, les Epitres de Pline deux fois, les comédies de Terence autant, Velleius Patercule, et je me propose de les lire tous avec le tems. Pour ce qui est du Grec comme je n'ai commencé à l'aprendre que depuis un mois, ou six semaines, vous sentez bien que j'en suis encore aux Premiers Principes. 3. Ma Philosophie. J'ai achevé la Logique de Monsieur de Crousaz laquelle est fort estimée dans ce pays-ci, en partie avec Monsieur Pavilliard et en parti dans mon Particulier. Je vais lire pour la seconde fois L'Etendement Humain, et, aussitôt que je l'aurai fini, je commencerai l'Algèbre que vous me recommandez tant. 4. Ma Danse et mon Dessein. Je crois que vous ne serez pas mécontent de mes progrés dans la dernière de ces choses. Pour ce de la première je fais tout ce que je puis. Monsieur Pavilliard me rendra la justice de dire je ne suis pas fort dissipé. Je ne sors pas beaucoup et alors même ce n'est que pour aller dans les compagnies de la ville.

HIS STUDIES.