“May 29, 1843

“I get on here from day to day in a Robinson-Crusoe-like sort of way, very lonely, but that does not signify. In other respects, I have nothing substantial to complain of, nor is this a cause for complaint. I hope you are well. Walk out often on the moors. My love to Tabby. I hope she keeps well.”

And about this time she wrote to her father,

“June 2nd, 1818,

“I was very glad to hear from home. I had begun to get low-spirited at not receiving any news, and to entertain indefinite fears that something was wrong. You do not say anything about your own health, but I hope you are well, and Emily also. I am afraid she will have a good deal of hard work to do now that Hannah” (a servant-girl who had been assisting Tabby) “is gone. I am exceedingly glad to hear that you still keep Tabby” (considerably upwards of seventy). “It is an act of great charity to her, and I do not think it will be unrewarded, for she is very faithful, and will always serve you, when she has occasion, to the best of her abilities; besides, she will be company for Emily, who, without her, would be very lonely.”

I gave a devoir, written after she had been four months under M. Héger’s tuition. I will now copy out another, written nearly a year later, during which the progress made appears to me very great.

“31 Mai, 1843.

“SUR LA MORT DE NAPOLÉON.

“Napoléon naquit en Corse et mourut à Ste. Hélène. Entre ces deux îles rien qu’un vaste et brûlant désert et l’océan immense. Il naquit fils d’un simple gentilhomme, et mourut empereur, mais sans couronne et dans les fers. Entre son berceau et sa tombe qu’y a-t-il? la carrière d’un soldat parvenu, des champs de bataille, une mer de sang, un trône, puis du sang encore, et des fers. Sa vie, c’est l’arc en ciel; les deux points extrêmes touchent la terre, la comble lumi-neuse mesure les cieux. Sur Napoléon au berceau une mère brillait; dans la maison paternelle il avait des frères et des soeurs; plus tard dans son palais il eut une femme qui l’aimait. Mais sur son lit de mort Napoléon est seul; plus de mère, ni de frère, ni de soeur, ni de femme, ni d’enfant!! D’autres ont dit et rediront ses exploits, moi, je m’arrête à contempler l’abandonnement de sa dernière heure!

“Il est là, exilé et captif, enchaîné sur un écueil. Nouveau Prométhée il subit le châtiment de son orgueil! Prométhée avait voulu être Dieu et Créateur; il déroba le feu du Ciel pour animer le corps qu’il avait formé. Et lui, Buonaparte, il a voulu créer, non pas un homme, mais un empire, et pour donner une existence, une âme, à son œuvre gigantesque, il n’a pas hésité à arracher la vie à des nations entières. Jupiter indigné de l’impiété de Prométhée, le riva vivant à la cime du Caucase. Ainsi, pour punir l’ambition rapace de Buonaparte, la Providence l’a enchaîné, jusqu’à ce que la mort s’en suivit, sur un roc isolé de l’Atlantique. Peut-être là aussi a-t-il senti lui fouillant le flanc cet insatiable vautour dont parle la fable, peut-être a-t-il souffert aussi cette soif du coeur, cette faim de l’âme, qui torturent l’exilé, loin de sa famille et de sa patrie. Mais parler ainsi n’est-ce pas attribuer gratuitement à Napoléon une humaine faiblesse qu’il n’éprouva jamais? Quand donc s’est-il laissé enchaîner par un lien d’affection? Sans doute d’autres conquérants ont hésité dans leur carrière de gloire, arrêtés par un obstacle d’amour ou d’amitié, retenus par la main d’une femme, rappéles par la voix d’un ami—lui, jamais! Il n’eut pas besoin, comme Ulysse, de se lier au mât du navire, ni de se boucher les oreilles avec de la cire; il ne redoutait pas le chant des Sirènes—il le dédaignait; il se fit marbre et fer pour exécuter ses grands projets. Napoléon ne se regardait pas comme un homme, mais comme l’incarnation d’un peuple. Il n’aimait pas; il ne considérait ses amis et ses proches que comme des instruments auxquels il tint, tant qu’ils furent utiles, et qu’il jeta de côté quand ils cessèrent de l’être. Qu’on ne se permette donc pas d’approcher du sépulcre du Corse avec sentiments de pitié, ou de souiller de larmes la pierre qui couvre ses restes, son âme répudierait tout cela. On a dit, je le sais, qu’elle fut cruelle la main qui le sépara de sa femme et de son enfant. Non, c’était une main qui, comme la sienne, ne tremblait ni de passion ni de crainte, c’était la main d’un homme froid, convaincu, qui avait su deviner Buonaparte; et voici ce que disait cet homme que la défaite n’a pu humilier, ni la victoire enorgueiller. ‘Marie-Louise n’est pas la femme de Napoléon; c’est la France que Napoléon a épousée; c’est la France qu’il aime, leur union enfante la perte de l’Europe; voilà la divorce que je veux; voilà l’union qu’il faut briser.’

“La voix des timides et des traîtres protesta contre cette sentence. ‘C’est abuser de droit de la victoire! C’est fouler aux pieds le vaincu! Que l’Angleterre se montre clémente, qu’elle ouvre ses bras pour recevoir comme hôte son ennemi désarmé.’ L’Angleterre aurait peut-être écouté ce conseii, car partout et toujours il y a des âmes faibles et timorées bientôt séduites par la flatterie ou effrayées par le reproche. Mais la Providence permit qu’un homme se trouvât qui n’a jamais su ce que c’est que la crainte; qui aima sa patrie mieux que sa renommée; impénétrable devant les menaces, inaccessible aux louanges, il se présenta devant le conseil de la nation, et levant son front tranquille en haut, il osa dire: ‘Que la trahison se taise! car c’est trahir que de conseiller de temporiser avec Buonaparte. Moi je sais ce que sont ces guerres dont l’Europe saigne encore, comme une victime sous le couteau du boucher. Il faut en finir avec Napoléon Buonaparte. Vous vous effrayez à tort d’un mot si dur! Je n’ai pas de magnanimité, dit-on? Soit! que m’importe ce qu’on dit de moi? Je n’ai pas ici à me faire une réputation de héros magnanime, mais à guérir, si la cure est possible, l’Europe qui se meurt, épuisée de ressources et de sang, l’Europe dont vous négligez les vrais intérêts, pré-occupés que vous êtes d’une vaine renommée de clémence. Vous êtes faibles! Eh bien! je viens vous aider. Envoyez Buonaparte à Ste. Hélène! n’hésitez pas, ne cherchez pas un autre endroit; c’ést le seul convenable. Je vous le dis, j’ai réfléchi pour vous; c’est là qu’il doit êtré et non pas ailleurs. Quant à Napoléon, homme, soldat, je n’ai rien contre lui; c’est un lion royal, auprès de qui vous n’êtes que des chacals. Mais Napoléon Empereur, c’est autre chose, je l’extirperai du sol de l’Europe.’ Et celui qui parla ainsi toujours sut garder sa promesse, celle-là comme toutes les autres. Je l’ai dit, et je le répète, cet homme est l’égal de Napoléon par le génie; comme trempe de caractère, comme droiture, comme élévation de pensée et de but, il est d’une tout autre espèce. Napoléon Buonaparte était avide de renommée et de gloire; Arthur Wellesley ne se soucie ni de l’une ni de l’autre; l’opinion publique, la popularité, étaient choses de grand valeur aux yeux de Napoléon; pour Wellington l’opinion publique est une rumeur, un rien que le souffle de son inflexible volonté fait disparaître comme une bulle de savon. Napoléon flattait le peuple; Wellington le brusqne; l’un cherchait les applau-dissements, l’autre ne se soucie que du témoignage de sa conscience; quand elle approuve, c’est assez; toute autre louange l’obsède. Aussi ce peuple, qui adorait Buonaparte s’irritait, s’insurgeait contre la morgue de Wellington: parfois il lui témoigna sa colère et sa haine par des grognements, par des hurlements de bêtes fauves; et alors, avec une impassibilité de sénateur romain, le moderne Coriolan toisait du regard l’émeute furieuse; il croisait ses bras nerveux sur sa large poitrine, et seul, debout sur son seuil, il attendait, il bravait cette tempête populaire dont les flots venaient mourir à quelques pas de lui: et quand la foule, honteuse de sa rebellion, venait lécher les pieds du maître, le hautain patricien méprisait l’hommage d’aujourd’hui comme la haine d’hier, et dans les rues de Londres, et devant son palais ducal d’Apsley, il repoussait d’un genre plein de froid dédain l’incommode empressement du peuple enthousiaste. Cette fierté néanmoins n’excluait pas en lui une rare modestie; partout il se soustrait à l’éloge; se dérobe au panégyrique; jamais il ne parle de ses exploits, et jamais il ne souffre qu’un autre lui en parle en sa présence. Son caractère égale en grandeur et surpasse en vérité celui de tout autre héros ancien ou moderne. La gloire de Napoléon crût en une nuit, comme la vigne de Jonas, et il suffit d’un jour pour la flétrir; la gloire de Wellington est comme les vieux chênes qui ombragent le château de ses pères sur les rives du Shannon; le chêne croît lentement; il lui faut du temps pour pousser vers le ciel ses branches noueuses, et pour enfoncer dans le sol ces racines profondes qui s’enchevêtrent dans les fondements solides de la terre; mais alors, l’arbre séculaire, inébranlable comme le roc où il a sa base, brave et la faux du temps et l’effort des vents et des tempêtes. Il faudra peut-être un siècle à l’Angleterre pour qu’elle connaise la valeur de son héros. Dans un siècle, l’Europe entière saura combien Wellington a des droits à sa reconnaissance.”

How often in writing this paper “in a strange land,” must Miss Brontë have thought of the old childish disputes in the kitchen of Haworth parsonage, touching the respective merits of Wellington and Buonaparte! Although the title given to her devoir is, “On the Death of Napoleon,” she seems yet to have considered it a point of honour rather to sing praises to an English hero than to dwell on the character of a foreigner, placed as she was among those who cared little either for an England or for Wellington. She now felt that she had made great progress towards obtaining proficiency in the French language, which had been her main object in coming to Brussels. But to the zealous learner “Alps on Alps arise.” No sooner is one difficulty surmounted than some other desirable attainment appears, and must be laboured after. A knowledge of German now became her object; and she resolved to compel herself to remain in Brussels till that was gained. The strong yearning to go home came upon her; the stronger self-denying will forbade. There was a great internal struggle; every fibre of her heart quivered in the strain to master her will; and, when she conquered herself, she remained, not like a victor calm and supreme on the throne, but like a panting, torn, and suffering victim. Her nerves and her spirits gave way. Her health became much shaken.

“Brussels, August 1st, 1843.

“If I complain in this letter, have mercy and don’t blame me, for, I forewarn you, I am in low spirits, and that earth and heaven are dreary and empty to me at this moment. In a few days our vacation will begin; everybody is joyous and animated at the prospect, because everybody is to go home. I know that I am to stay here during the five weeks that the holidays last, and that I shall be much alone during that time, and consequently get downcast, and find both days and nights of a weary length. It is the first time in my life that I have really dreaded the vacation. Alas! I can hardly write, I have such a dreary weight at my heart; and I do so wish to go home. Is not this childish? Pardon me, for I cannot help it. However, though I am not strong enough to bear up cheerfully, I can still bear up; and I will continue to stay (D. V.) some months longer, till I have acquired German; and then I hope to see all your faces again. Would that the vacation were well over! it will pass so slowly. Do have the Christian charity to write me a long, long letter; fill it with the minutest details; nothing will be uninteresting. Do not think it is because people are unkind to me that I wish to leave Belgium; nothing of the sort. Everybody is abundantly civil, but home-sickness keeps creeping over me. I cannot shake it off. Believe me, very merrily, vivaciously, gaily, yours,

“C.B.”

The grandes vacances began soon after the date of this letter, when she was left in the great deserted pensionnat, with only one teacher for a companion. This teacher, a Frenchwoman, had always been uncongenial to her; but, left to each other’s sole companionship, Charlotte soon discovered that her associate was more profligate, more steeped in a kind of cold, systematic sensuality, than she had before imagined it possible for a human being to be; and her whole nature revolted from this woman’s society. A low nervous fever was gaining upon Miss Brontë. She had never been a good sleeper, but now she could not sleep at all. Whatever had been disagreeable, or obnoxious, to her during the day, was presented when it was over with exaggerated vividness to her disordered fancy. There were causes for distress and anxiety in the news from home, particularly as regarded Branwell. In the dead of the night, lying awake at the end of the long deserted dormitory, in the vast and silent house, every fear respecting those whom she loved, and who were so far off in another country, became a terrible reality, oppressing her and choking up the very life-blood in her heart. Those nights were times of sick, dreary, wakeful misery; precursors of many such in after years.

In the daytime, driven abroad by loathing of her companion and by the weak restlessness of fever, she tried to walk herself into such a state of bodily fatigue as would induce sleep. So she went out, and with weary steps would traverse the Boulevards and the streets, sometimes for hours together; faltering and resting occasionally on some of the many benches placed for the repose of happy groups, or for solitary wanderers like herself. Then up again—anywhere but to the pensionnat—out to the cemetery where Martha lay—out beyond it, to the hills whence there is nothing to be seen but fields as far as the horizon. The shades of evening made her retrace her footsteps—sick for want of food, but not hungry; fatigued with long continued exercise—yet restless still, and doomed to another weary, haunted night of sleeplessness. She would thread the streets in the neighbourhood of the Rue d’Isabelle, and yet avoid it and its occupant, till as late an hour as she dared be out. At last, she was compelled to keep her bed for some days, and this compulsory rest did her good. She was weak, but less depressed in spirits than she had been, when the school re-opened, and her positive practical duties recommenced.

She writes thus:—