Monsieur,—Je vous aie fait prier par Lef Alexandritz pour que je puisse aller a Oranienbaum, mais je vois que ca n’a point d’effet, je suis malade et melancolique jusqu’au suppreme degré, je vous prie pour l’amour de Dieu de faire ensorte aupres de sa Majesté pour que je puisse partir bientot a Oranienbaum si je ne vient point dehors de cette belle vie de cour pour être un peu dans ma volonté et jouir a mon aise l’air de la campagne je creverai surement ici d’aneui et de deplaisir vous me ferez revivre si vous ferez cela vous obligerez celui qui sera toute sa vie.
Votre affectioné,
Pierre.
III.
Monsieur,—Comme je suis assuré que vous ne cherchez autre chose qua me faire plaisir, je suis donc assuré que vous le fairè dans l’affaire d’Alexandre Iwanitz Narischkin pour prier sa Majesté de me faire la grace de le faire gentilhomme de chambre aupres de moi pour la feste de pacques, cest un parfait hoñette homme que je ne recommanderai pas si je ne le conñoissois pour tel, pressé cette affaire je vous en seré bien redevable et au rest je suis.
Votre affectioné,
Pierre.
IV.
Mon Cher Amy,—Vous m’avez encore demonstré vostre amitié en faisant aupres de sa Majesté imperiale qu’elle me donne dix mille ducats pour pajer ma deste que jai faite aux jeux, je vous prie de remercier de ma part sa Majesté de cette nouvelle grace qu’elle m’a faite et assuré la que je tacherai toute ma vie de m’en rendre de plus en plus digne de touts des graces dont elle m’a comblé. Pour vous Monsieur recevez les remerciemens sincère d’un amy qui voudraint estre en etat de vous pouvoir convaincre combien il souhaitairai de vous en pouvoir rendre la pareille. Aureste en vous priant destre toujour de ses amis comme auparavant je reste.
Vostre affectione amy,
Pierre.
V.
Monsieur,—Je vous aie tant de fois prie de supplier de ma part Sa Majesté impériale de me laisser voyager pour deux ans hors du pais, je vous le repete encore une fois vous priant tres instament de faire ensorte pour qu’on me l’accorde, ma santé sanfaiblissant de jour en jour plus, faites moi pour l’amour le Dieu cette seule amitié de le faire et de ne me laisser pas mourir de chagrin mon etat n’etant plus en etat de soutenir mes chagrin et ma melancolie empirant de jour en jour, si vous croyez quil est besoin de la montrer a Sa Majesté vous me ferez le plus grand plaisir du monde et de plus je vous en prie. Au reste je suis