"T'ai-je dit que j'avais trouvé ici-même un locataire étudiant la botanique à 'l'herbarium' tous les jours, et qu'en nous promenant ensemble au jardin, les soirs, il m'apprend les noms des arbres qui ne sont pas indiqués. J'ai aussi des fleurs sur ma fenêtre: je t'en donne une. Je ne connais pas le langage des fleurs, mais si celle-ci ne te dit pas que je t'aime beaucoup—beaucoup—elle interprète bien mal mes sentiments.
"J'ai lu un peu du livre de Max Müller sur l'étude comparative des langues. C'est excessivement curieux. Tu n'as aucune idée de combien l'étymologie est intéressante quand elle est basée sur la connaissance de tant d'idiômes; on peut tracer la parenté les mots d'une manière étonnante; les changements dans la façon de les écrire ont pour résultat de les dénaturer tellement que nous avons beaucoup de peine à les reconnaître sans retracer toute leur histoire dans la littérature. Mr. Max Müller retrace ainsi, d'une manière ingénieuse, mais bien convainçante, l'usage des mots pour arriver à leurs racines primitives, et puis il forme des théories d'après ces comparaisons—qui sont au moins toujours intéressantes. Ce qu'il y a de remarquable c'est qu'on retrouve les mêmes mots dans les endroits les plus éloignés, des mots Anglais et Français qui ont leur origine dans le Sanskrit; et de même pour d'autres idiomes. Max Müller diffère des philologues anciens en ceci que tandis qu'ils étudiaient seulement les langues classiques, lui trouve la lumière et le matériel partout, même dans le Patois: ainsi le Provençal lui a été indispensable et bien d'autres langues encore que les amateurs des classiques négligent généralement."
This interest in languages grew with years. When at Sens, we studied Italian together, but my increasing deafness made me abandon it on account of the pronunciation, whilst my husband, on the contrary, made it a point to read some pages of it every day, and even to write his diary in that language. Later still, he used to send to Florence some literary compositions to be corrected. After the marriage of his daughter, he used occasionally to ask his son-in-law, M. Raillard, for lessons in German, and had even undertaken to write, with his collaboration, a work on philology which was to have been entitled, "Words on their Travels, and Stay-at-Home Words," which his unexpected death cut short. In the afternoon of the day on which he died, as he was coming back home from the Louvre in a tram-car, he took out of his pocket a volume of Virgil, and read it the whole way. "I furbish up my Latin and Greek when on a steamer or in omnibuses," he said to me; "it prevents my being annoyed by the loss of time."
"Jeudi soir.
"Je suis retourné chez Seeley où on m'a traité d'une façon tout-à-fait délicate; le Professeur est un des hommes les plus sympathiques que j'aie rencontrés. Je t'en parlerai plus longuement de vive voix, et quant à son frère Richmond je n'ai jamais connu quelqu'un avec qui je m'entende aussi facilement. Il y a une chose bien charmante en lui, c'est que, bien qu'il soit à la tête d'une grande maison, il n'a jamais l'air pressé et vous écoute avec une patience parfaite.
"Ce que tu me dis de 'mon courage au travail et à la lutte' me paye pour bien des heures de besogne. Tout ce qui me décourage parfois, c'est ma faible santé qui m'oblige souvent à paraître paresseux sous peine d'être malade.
"Il me tarde tant de te revoir que je suis comme un pauvre prisonnier en pays étranger, loin de la Dame de ses pensées. Alors, tu sais, il faut m'écrire et embrasser les enfants pour moi."
"Vendredi.
"J'ai été désolé de ne pas pouvoir t'écrire aujourd'hui; il est maintenant 1 h. du matin. Je vais bien, mais je suis accablé de travaux et pourtant je veux partir bientôt; je finirai à la maison. Aujourd'hui j'ai terminé mon article juste à temps pour l'impression. Comme notre âne 'Je dors debout'; aujourd'hui je tombais presque de sommeil dans les rues de Londres.
"Les travaux sur l'eau-forte sont terminés cette fois. À bientôt!"