"Les auteurs, 'avertis par le Public....' Il y a dans ces mots toute une esthétique, non seulement dramatique, mais démocratique: Plus d'insuccès. Plus de fours. Admirable invention par laquelle, sans doute, le peuple trouvera enfin l'art qui lui convient et les auteurs qu'il mérite." Conscience Littéraire.
"Le citoyen est une variété de l'homme; variété dégénérée ou primitive il est à l'homme ce que le chat de goutière est au chat sauvage.
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"Comme toutes les créations vraiment belles et noblement utiles, la sociologie fut l'œuvre d'un homme de génie, M. Herbert Spencer, et le principe de sa gloire.
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"La saine Sociologie traite de l'évolution à travers les âges d'un groupe de métaphores, Famille, Patrie, Etat, Société, etc. Ces mots sont de ceux que l'on dit collectifs et qui n'ont en soi aucune signification, l'histoire les a employés dë tous temps, mais la Sociologie, par d'astucieuses définitions précise leur néant tout en propageant leur culte.
"Car tout mot collectif, et d'abord ceux du vocabulaire sociologique sont l'objet d'un culte. A la Famille, à la Patrie, à l'Etat, à la Société, on sacrifie des citoyens mâles et des citoyens femelles; les mâles en plus grand nombre; ce n'est que par intermède, en temps de grève ou d'émeute, pour essayer un nouveau fusil que l'on perfore des femelles; elles offrent au coup une cible moins défiante et plus plaisante; ce sont là d'inévitables petits incidents de la vie politique. Le mâle est l'hostie ordinaire.
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"Le caractère fondamental du citoyen est donc le dévouement, la résignation et la stupidité; il exerce principalement ces qualités selon trois fonctions physiologiques, comme animal reproducteur, comme animal électoral, comme animal contribuable.
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"Devenu animal électoral, le citoyen n'est pas dépourvu de subtilité. Ayant flairé, il distingue hardiment entre un opportuniste et un radical. Son ingéniosité va jusqu'à la méfiance: le mot Liberté le fait aboyer, tel un chien perdu. A l'idée qu'on va le laisser seul dans les ténèbres de sa volonté, il pleure, il appelle sa mère, la République, son père, l'Etat.
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"Du fond de sa grange ou de son atelier, il entretient volontiers ceux qui le protègent contre lui-même.
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"Et puis songe: si tu te révoltais, il n'y aurait plus de lois, et quand tu voudrais mourir, comment ferais-tu, si le régistre n'était plus là pour accueillir ton nomme?" Paradoxes sur le Citoyen.
"Si l'on est porté à souhaiter un déraillement, il faut parler, il faut écrire, il faut sourire, il faut s'abstenir—c'est le grand point de toute vie civique. Les actuelles organisations sociales ont cette tare fondamentale que l'abstention légale et silencieuse les rend inermes et ridicules. Il faut empoisonner l'Autorité, lentement, en jouant. C'est si charmant de jouer et si utile au bon fonctionnement humain! Il faut se moquer. Il faut passer, l'ironie dans les yeux, à travers les mailles des lois anti-libérales, et quand on promène à travers nos vignes, gens de France, l'idole gouvernementale, gardez-vous d'aucun acte vilain, des gros mots, des violences—rentrez chez vous, et mettez les volets. Sans avoir rien fait que de très simple et de très innocent vous vous réveillerez plus libres le lendemain." Les Faiseurs de Statues.
"Charmant Tzar, tu la verras chez toi, la Révolution, stupide comme le peuple et féroce comme la bourgeoisie; tu la verras, dépassant en animalité et en rapacité sanglante tout ce qu'on t'a permis de lire dans les tomes expurgés qui firent ton éducation." Le Délire Russe.
"Or un écrivain, un poète, un philosophe, un homme des régions intellectuelles n'a qu'une patrie: sa langue." Querelles de Belgique.
"Il faut encore, pour en revenir aux assassins, noter que le crime, sauf en des rares cas passionnels, est le moyen et non le but." Crimes.
"Le vers traditionnel est patriotique et national; le vers nouveau est anarchiste et sans patrie. Il semble que la rime riche fasse partie vraiment de la richesse nationale: on vole quelque-chose à l'Etat en adoucissant la sonorité des ronrons: 'La France, Messieurs, manque de consonnes d'appui!' D'autre part, l'emploi de l'assonnance a quelque-chose de rétrograde qui froisse les vrais démocrates.
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"Il est amusant de voir des gens qui ne doivent leur état 'd'hommes modernes' qu'à la fauchaison brutale de toutes les traditions Françaises, protester aussi sottement contre des innovations non seulement logiques, mais inévitables. Ce qui donne quelque valeur à leur acrimonie, c'est qu'ils ignorent tout de cette question si complexe; de là leur liberté critique, n'ayant lu ni Gaston Paris, ni Darmesteter, ni aucun des écrivains récents qui étudièrent avec prudence tant de points obscurs de la phonétique et de la rythmique, ils tirent une autorité évidente de leur incompétence même." Le Vers Libre et les Prochaines Elections.
"PELERIN DU SILENCE" (1896) contains "Fleurs de Jadis" (1893), "Château Singulier" (1894), "Livres des Litanies," "Litanie de la Rose"[2] (1892), Théâtre Muet, "Le Fantôme" (1893).
"LIVRE DES MASQUES" (1896), not particularly important, though the preface contains a good reformulation: as, for example,