"Rien n'est changé dans le sacerdoce; et l'on peut dire aussi des prêtres toujours romains, qu'ils n'ont rien oublié, qu'ils n'ont rien appris. Cependant, sous le règne de Napoléon leur orgueil a fléchi devant le grand intérêt de leur réinstallation.... Aussi, au retour de leur roi légitime, cet orgueil comprimé s'est-il relevé dans toute sa hauteur. Rome a placé son trône à côté de celui d'un roi, un peu philosophe, a-t-on dit, mais perclus et impotent. Et enfin, lorsque son successeur, d'abord accueilli par le peuple, est tombé entre les mains des prêtres, ceux-ci, profitant de son âge et de sa faiblesse, ont exploité les erreurs d'une jeunesse fougueuse, qui cependant lui avaient valu le surnom de Chevalier Français. Alors nous avons vu ce roi sacrifier sa popularité à leurs exigeances; appeler toute la nation à l'expiation de ses fautes personnelles, à son repentir, à sa pénitence; et la forcer à renier, pour ainsi dire, trente ans de gloire et de liberté.... Un roi que le remords poursuit, dévore, et qui ne reconnaît d'autre recours que dans le prêtre qui l'a soumis à sa loi par la menace et la terreur de l'enfer; ce roi, sous le coup d'une absolution conditionnelle et toujours suspendue, abdique, sans le savoir, en faveur de son confesseur....

"Roi! tu languis dans l'exil, et tes fautes sont punies jusque dans les dernières générations!

"Les prêtres, les prêtres romains se sont cependant soumis à un nouveau prince, à qui la souveraineté nationale a remis le sceptre; ils prient enfin pour lui ... et l'on sait avec quelle sincérité.

"Mais, peuple, comme leur joug s'appesantit sur toi!... Dans leur fureur mal-déguisée ils le disent.... La maison du Seigneur est déserte, et tu te rues avec fureur vers les plaisirs, les fêtes, les bals et les spectacles! Anathême donc contre les plaisirs, les fêtes et les bals! Anathême contre les spectacles!

"Ne sont-ce point là, mes frères, les paroles qui tombent chaque jour menaçantes de la chaire de l'Eglise Romaine?...

"Combien notre langage sera différent! Le Dieu des Juifs est bien notre Dieu; mais sa colère a été désarmée par le sacrifice que son fils lui a offert pour notre rédemption.

"Pourquoi ce sang répandu sur la croix pour nos péchés si la satisfaction de nos besoins physiques, si nos fonctions intellectuelles, si l'entrainement des passions qui constituent notre être peuvent à chaque instant nous faire tomber dans le péché et nous précipiter dans l'abîme?

"Aussi nous vous disons dans notre chaire apostolique,—Exécutez les commandemens de Dieu, adorez et glorifiez notre Père qui est aux cieux, pratiquez la morale de l'Evangile, aimez votre prochain comme vous-mêmes, et vous aurez accompli la loi de Jésus-Christ ... et nous ajoutons,—Vous êtes membre de la société pour laquelle vous avez été créés, et cette société vous impose des devoirs; en échange elle vous procure des jouissances et des plaisirs: remplissez vos devoirs et livrez-vous ensuite sans crainte aux jouissances et aux plaisirs qu'elle vous présente. Votre participation à ces mêmes plaisirs, à ces mêmes jouissances, est encore une partie de vos devoirs, et vous aurez accompli encore une fois la loi de Jésus-Christ."

This doctrine may assuredly entitle the Eglise Apostolique Française to the appellation of a New Church.

M. l'Abbé Auzou goes on yet farther in the same strain:—