There is a general preface to this volume, from the pen of M. Nisard, full of enthusiasm for the subject, and giving an animated and animating account of all the circumstances attending the readings, and of the different publications respecting them which followed.
It appears that the most earnest entreaties have been very generally addressed to M. de Châteaubriand to induce him to publish these Memoirs during his lifetime, but hitherto without effect. There is something in his reasonings on the subject equally touching and true: nevertheless, it is impossible not to lament that one cannot wish for a work so every way full of interest, without wishing at the same time that one of the most amiable men in the world should be removed out of it. All those who are admitted to his circle must, I am very sure, most heartily wish never to see any more of his Memoirs than what he may be pleased himself to show them: but he has found out a way to make the world at large look for his death as for a most agreeable event. Notwithstanding all his reasonings, I think he is wrong. Those who have seen the whole, or nearly the whole of this work, declare it to be both the most important and the most able that he has composed; and embracing as it does the most interesting epoch of the world's history, and coming from the hand of one who has played so varied and distinguished a part in it, we can hardly doubt that it is so.
Of all the different articles which compose the volume entitled "Lectures des Mémoires de M. de Châteaubriand," the most interesting perhaps (always excepting some fragments from the Memoirs themselves) are the preface of M. Nisard, and an extract from the Revue du Midi, from the pen of M. de Lavergne. I must indulge you with some short extracts from both. M. Nisard says—
"Depuis de longues années, M. de Châteaubriand travaille à ses Mémoires, avec le dessein de ne les laisser publier qu'après sa mort. Au plus fort des affaires, quand il était ministre, ambassadeur, il oubliait les petites et les grandes tracasseries en écrivant quelques pages de ce livre de prédilection."... "C'est le livre que M. de Châteaubriand aura le plus aimé, et, chose étrange! c'est le livre en qui M. de Châteaubriand ne veut pas être glorifié de son vivant."
He then goes on to speak of the manner in which the readings commenced ... and then says,—"Cette lecture fut un triomphe; ceux qui avaient été de la fête nous la racontèrent, à nous qui n'en étions pas, et qui déplorions que le salon de Madame Récamier, cette femme qui s'est fait une gloire de bonté et de grâce, ne fut pas grand comme la plaine de Sunium. La presse littéraire alla demander à l'illustre écrivain quelques lignes, qu'elle encadra dans de chaudes apologies: il y eut un moment où toute la littérature ne fut que l'annonce et la bonne nouvelle d'un ouvrage inédit."
M. Nisard, as he says, "n'était pas de la fête;" but he was admitted to a privilege perhaps more desirable still—namely, that of reading some portion of this precious MS. in the deep repose of the author's own study. He gives a very animated picture of this visit.
"... J'osai demander à M. de Châteaubriand la grace de me recevoir quelques heures chez lui, et là, pendant qu'il écrirait ou dicterait, de m'abandonner son porte-feuille et de me laisser m'y plonger à discretion ... il y consentit. Au jour fixe, j'allai Rue d'Enfer: le cœur me battait; je suis encore assez jeune pour sentir des mouvemens intérieurs à l'approche d'une telle joie. M. de Châteaubriand fit demander son manuscrit. Il y en a trois grands porte-feuilles: ceux-là, nul ne les lui disputera; ni les révolutions, ni les caprices de roi, ne les lui peuvent donner ni reprendre.
"Il eut la bonté de me lire les sommaires des chapitres—Lequel choisir, lequel préférer? ... je ne l'arrêtais pas dans la lecture, je ne disais rien ... enfin il en vint au voyage à Prague. Une grosse et sotte interjection me trahit; du fruit défendu c'était la partie la plus défendue. Je demandai donc le voyage à Prague. M. de Châteaubriand sourit, et me tendait le manuscrit.... Je mets quelque vanité à rappeler ces détails, bien que je tienne à ce qu'on sache bien que j'ai été encore plus heureux que vain d'une telle faveur; mais c'est peut-être le meilleur prix que j'ai reçu encore de quelques habitudes de dignité littéraire, et à ce titre il doit m'être pardonné de m'en enorgueillir.
"Quand j'eus le précieux manuscrit, je m'accoudai sur la table, et me mis a la lecture avec une avidité recueillie.... Quelquefois, à la fin des chapitres, regardant par-dessus mes feuilles l'illustre écrivain appliqué à son minutieux travail de révision, effaçant, puis, après quelque incertitude, écrivant avec lenteur une phrase en surcharge, et l'effaçant à moitié écrite, je voyais l'imagination et le sens aux prises. Quand, après mes deux heures de délices, amusé, instruit, intéressé, transporté, ayant passé du rire aux larmes, et des larmes au rire, ayant vu tour à tour, dans sa plus grande naïveté de sentimens, le poète, le diplomate, le voyageur, le pèlerin, le philosophe, je me suis jeté sur la main de M. de Châteaubriand, et lui ai bredouillé quelques paroles de gratitude tendre et profonde: ni lui ni moi n'étions gênés, je vous jure;—moi, parce que je donnais cours à un sentiment vrai; lui, parce qu'à ce moment-là il voulait bien mesurer la valeur de mes louanges sur leur sincérité."
This is, I think, very well conté; and as I have myself been de la fête, and heard read precisely this same admirable morceau, le Voyage à Prague, I can venture to say that the feeling expressed is in no degree exaggerated.