NOTE IV.—CHAP. II.
As the Brotherhood of Arms was one of the most curious customs of Chivalry, I have extracted from the Notes on St. Palaye, and from the Disquisitions of Ducange, some passages which will give a fuller view of its real character and ceremonies than seemed necessary in the body of this work.
The Notes on St. Palaye also show to how late a period the custom descended and here let me say, that of all the treatises on Chivalry which I possess, there is none in which I have found the real spirit of knighthood so completely displayed, as in the Essays of Lucurne de St. Palaye, with the elegant and profound observations of M. Charles Nodier.
“Les Anglois, assemblés peu avant la bataille de Pontvalain, tiennent conseil pour déliberer comment ils attaqueroient le connétable Duguesclin. Hue de Carvalai, l’un d’entre eux, ouvre son avis en ces termes: ‘Se m’aist dieux, Bertran est le meilleur chevalier qui regne à present; il est duc, comte et connestable, et a esté long-temps mon compaignon en Espaigne, où je trouvay en luy honneur, largesse et amistié si habundamment et avecques ce hardement, fierté vasselage et emprise, qu’il n’a homme jusques en Calabre qui sceut que j’amasse autant à veoir ne accompaigner de jour ou de nuit pour moy aventurer à vivre ou à mourir ne fust ce qu’il guerrie, Monseigneur le prince. Car en ce cas je dois mettre poyne de le nuyre et grever comme mon ennemi. Si vous diray mon advis.’—(Hist. De Bert. Duguesclin, publiée par Menard, p. 407.)
“Boucicaut, passant à son retour d’Espagne par le Comte de Foix, se trouva plusieurs fois à boire et à manger avec des Anglois. Comme ils jugèrent a des abstinences particulieres qu’ils lui virent faire dans ses repas, qu’il avoit voué quelque entreprise d’armes, ils lui dirent que s’il ne demandoit autre chose on auroit bien-tôt trouvé qui le delivreroit; Boucicaut leur répondit: ‘Voirement estoit-ce pour combattre à oultrance, mais qu’il avoit compaignon; c’estoit un chevalier nomme Messire Regnault de Roye, sans lequel il ne pouvoit rien faire, et toutes fois s’il y avoit aucun d’eulx qui voulussent la bataille, il leur octroyoit et que à leur volente prissent jour tant que il l’eust faict à sçavoir à son compaignon.’—(Histoire du Maréchal de Boucicaut, publiée par Godefroi, p. 51.)
“Lorsque le prince de Galles eut déclare la guerre au roi Henri de Castille, il manda à tous les Anglois qui etoient alors au service de ce prince de le quitter pour se rendre auprès de lui. Hue de Carvalai, qui étoit du nombre, obligé de se sêparer de Bertrand, vint lui faire ses adieux: ‘Gentil sire, lui dit-il, il nous convient de partir nous avons esté ensemble par bonne compaignie, comme preudomme, et avons toujours eu du vostre à nostre voulente que oncques n’y ot noise ne tançon, tant des avoirs conquestez que des joyaulx donnez, ne oncques n’en demandasmes part, si pense bien que j’ay plus reçeu que vous, dont je suis vostre tenu. Et pour ce vous pris que nous en comptons ensemble. Et ce que je vous devray, je vous paieray ou assigneray. Si dist Bertran, ce c’est qu’un sermon, je n’ay point pensé à ce comte, ne ne sçay que ce puet monter. Je ne sçay se vous me devez, ou si je vous doy. Or soit tout quitte puisque vient au departir. Mais se de cy en avant nous acreons l’un à l’autre, nous ferons nouvelle depte et le convendra escripre. Il n’y a que du bien faire, raison donne que vous (suiviez) vostre-maistre. Ainsi le doibt faire tout preudomme. Bonne amour fist l’amour de nous et aussi en fera la departie: dont me poise qu’il convient que elle soit. Lors le baisa Bertran et tous ses compagnons aussi: moult fut piteuse la departie.’—(Histoire de Bertrand Duguesclin, publiée par Ménard, c. xxiv., p. 248 et 249.)
“Duguesclin tomba dans la suite au pouvoir des Anglois, qui le retinrent long-temps prisonnier. Après avoir enfin obtenu sa liberté sous parole d’acquitter sa rançon, Carvalai, son ancien frère d’armes, qu’il avoit retrouvé, et qui pendant quelque temps lui tint bonne compagnie, voulut lui parler encore du compte qu’ils avoient à regler ensemble. ‘Bertran, dit-il à son ami, avant que de se separer nous avons esté compagnons ou pays d’Espangne par de la de prisons, et d’avoir (c’est-à-dire en société tant pour les prisonniers que pour le butin que nous aurions) dont je ne comptay oncques à vous et sçay bien de pieça que je suis vostre tenu (redevable, en reste avec vous) dont je vouldray avoir advis: mais de tout le moins je vous aideray ici de trente mille doubles d’or. Je ne sçay, dit Bertran, comment il va du compte, mais que de la bonne compagnie; ne je n’en vueil point compter; mais se j’ay mestier je vous prieray. Adonc baisierent li uns l’autre au departir.’—(Ibid, p. 306.)
“L’adoption en frere se trouue auoir esté pratiquée en deux manieres par les peuples étrangers, que les Grecs el les Latins qualifient ordinairement du nom de Barbares. Car parmay ceux dont les mœurs et les façons d’agir ressentoient effectiuement quelque chose de rude et d’inhumain, elle se faisoit en se piquant reciproquement les veines, et beuuant le sang les vns des autres. Baudoüin Comte de Flandres et Empereur de Constantinople reproche cette detestable coûtume aux Grecs mémes, non qu’ils en vsassent entre eux: mais parce que dans les alliances qu’ils contractoient auec les peuples barbares, pour s’accommoder à leurs manieres d’agir, ils estoient obligez de suiure leurs vsages, et de faire ce qu’ils faisoient ordinairement en de semblables occasions. Hæc est, ce dit-il, quæ spurcissimo gentilium ritu pro fraterna societate, sanguinibus alternis ebibitis, cum infidelibus sæpe ausa est amicitias firmare ferales. L’Empereur Frederic I. auoit fait auparauant ce mesme reproche aux Grecs, ainsi que nous apprenons de Nicetas. Mais ce que les Grecs firent par necessité, nos François qui estoient resserrez dans Constantinople, et attaquez par dehors de toutes parts, furent contraints de le faire, et de subire la meme loy, en s’accommodant au temps, pour se parer des insultes de leurs ennemis. C’est ce que le Sire de Joinuille dit en ces termes: A iceluy Cheualier oüi dire, et comme il le disoit au Roy, que l’Empereur de Constantinople, et ses gens, se allierent vne fois d’vn Roy, qu’on appelloit le Roy des Comains, pour auoir leur aide, pour conquerir l’Empereur de Grece, qui auoit nom Vataiche. Et disoit iceluy Cheualier, que le Roy du peuple des Comains pour auoir seurte et fiance fraternel l’vn l’autre, qu’il faillit qu’ils et chascun de leur gens d’vns part et d’autre se fissent saigner, et que de leur sang ils donnassent à boire l’vn à l’autre, en signe de fraternité, disans qu’ils estoient frere, et d’vn sang, et ainsi le conuint faire entre nos gens, el les gens d’iceluy Roy, et meslérent de leur sang auec du vin, et en beuuoient l’vn à l’autre, et disoient lors qu’ils estoient freres d’vn sang. Georges Pachymeres raconte la méme chose des Comains. Et Alberic en l’an 1187, nous fait assez voir que cette coûtume eut pareillement cours parmy les Sarazins, écriuant que la funeste alliance que le Comte de Tripoly contracta auec le Sultan des Sarazins, se fit auec cette cérémonie, et qu’ils y bûrent du sang l’vn de l’autre.
“Cette fraternité se contractoit encore par l’attouchement des armes, en les faisant toucher reciproquement les vnes aux autres. Cette coûtume estoit particuliere aux Anglois, auant que les Normans se rendissent maîtres de l’Angleterre, principalement lorsque des communautez entieres faisoient entre eux vne alliance fraternelle, en vsans de cette maniere, au lieu du changement reciproque des armes, qui n’auroit pas pû s’executer si facilement.