St. Palaye, in the body of his admirable essays upon Chivalry, names the day preceding that of the tournament as the one on which squires were permitted to joust with each other: but in a note he has the following passage, which shows that in this, as in almost every other respect, the customs of chivalry varied very much at different epochs.
“Les usages out varié par rapport aux tournois, suivant les divers temps de la Chevalerie. Dans les commencements les plus anciens chevaliers joutoient entre eux, et le lendemain de cette joute les nouveaux chevaliers s’exerçoient dans d’autres tournois, auxquels les anciens chevaliers se faisoient un plaisir d’assister en qualité de spectateurs. La coutume changea depuis: ce fut la veille des grands tournois que les jeunes chevaliers s’essayerent les uns contre les autres, et l’on permit aux écuyers de se mêler avec eux. Ceux-ci étoient récompensés par l’ordre de la Chevalerie, lorsqu’ils se distinguoient dans ces sortes de combats. Ce mélange de chevaliers et d’écuyers introduisit dans la suite divers abus dans la Chevalerie, et la fit bientôt dégénérer, comme le remarque M. Le Laboureur. Les écuyers usurpèrent successivement et par degrés les honneurs et les distinctions qui n’appartenoient qu’aux chevaliers, et peu-à-peu ils se confondirent avec eux.”—Note on St. Palaye.
This note is perfectly just in the statement that in after-times the distinctions between knights and squires were not so strictly maintained as in the early days of Chivalry. At the famous jousts between the French and English at Chateau Joscelin, as related by Froissart, we find the squires opposed to the knights upon perfectly equal terms. The limits of this book are too narrow to admit of many long quotations; but the passage will be found well worthy the trouble of seeking, in the sixty fourth chapter of the second book of the admirable Froissart.
NOTE III.—CHAP. II.
To show the manner in which reports of all kinds were spread and collected even as late as the days of Edward III., I have subjoined the following extract from Froissart, giving an account of his reception at the court of the Count de Foix. It also affords a naive picture of that curious simplicity of manners which formed one very singular and interesting trait in the Chivalry of old.
“Comment Messire Jean Froissart enquéroit diligemment comment les
Guerres s’étoient portées par toutes les parties de la France.
“Je me suis longuement tenu à parler des besognes des lointaines marches, mais les prochaines, tant qu’à maintenant, m’ont été si fraîches, et si nouvelles, et si inclinants à ma plaisance, que pour ce les ai mises arrière. Mais, pourtant, ne séjournoient pas les vaillants hommes, qui se désiroient à avancer ens [dans] on [le] royaume de Castille et de Portugal, et bien autant en Gascogne et en Rouergue, en Quersin [Quercy], en Auvergne, en Limousin, et en Toulousain, et en Bigorre; mais visoient et subtilloient [imaginoient] tous les jours l’un sur l’autre comment ils se pussent trouver en parti de fait d’armes, pour prendre, embler [enlever], et écheller villes, et châteaux, et forteresses. Et pour ce, je sire Jean Froissart, qui me suis ensoingné [étudié] et occupé de dicter et écrire cette histoire, à la requête et contemplation de haut prince et renommé Messire Guy de Châtillon, Comte de Blois, Seigneur d’Avesnes, de Beaumont, de Scoonhort, et de la Gende, mon bon et souverain maître et seigneur; considérai en moi-même, que nulle espérance n’étoit que aucuns faits d’armes se fissent ès parties de Picardie et de Flandre, puisque paix y étoit, et point ne voulois être oiseux; car je savois bien que encore au temps à venir, et quand je serai mort, sera cette haute et noble histoire en grand cours, et y prendront tous nobles et vaillants hommes plaisance et exemple de bien faire; et entrementes [pendant] que j’avois, Dieu merci, sens, mémoire, et bonne souvenance de toutes les choses passées, engin [esprit] clair et aigu pour concevoir tous les faits dont je pourrois être informé, touchants à ma principale matière, âge, corps et membres pour souffrir peine, me avisai que je ne voulois mie séjourner de non poursieure [poursuivre] ma matière; et pour savoir la vérité des lointaines besognes sans se que j’y envoyasse aucune autre personne en lieu de moi, pris voie et achoison [occasion] raisonnable d’aller devers haut prince et redouté seigneur, Messire Gaston, Comte de Foix et de Berne [Béarn]; et bien sçavois que si je pouvois venir en son hôtel, et là être à loisir, je ne pourrois mieux cheoir au monde, pour être informé de toutes nouvelles; car là sont et fréquentent volontiers tous chevaliers et écuyers étranges, pour la noblesse d’icelui haut prince. Et tout ainsi, comme je l’imaginai, il m’en advint; et remontrai ce, et le voyage que je voulois faire, a mon très cher et redouté seigneur, Monseigneur le Comte de Blois, lequel me bailla ses lettres de familiarité adressants au Comte de Foix. Et tant travaillai et chevauchai en quérant de tout côtés nouvelles, que, par la grace de Dieu, sans péril et sans dommage, je vins en son chatel, a Ortais [Orthez], au pays de Béarn, le jour de Sainte Catherine, que on compta pour lors en l’an de grace mil trois cent quatre-vingt et huit; lequel comte de Foix, si très tôt comme il me vit, me fit bonne chère, et me dit en riant en bon François: que bien il me connoissoit, et si ne m’avoit oncques mais vu, mais plusieurs fois avoit ouï parler de moi. Si me retint de son hôtel et tout aise, avec le bon moyen des lettres que je lui avois apportées, tant que il m’y plut à être; et la fus informé de la greigneur [majeure] partie des besognes qui étoient avenues au royaume de Castille, au royaume de Portugal, au royaume de Navarre, au royaume d’Aragon, et au royaume d’Angleterre, au pays de Bordelois, et en toute la Gascogne; et je même, quand je lui demandois aucune chose, il le me disoit moult volontiers; et me disoit bien que l’histoire que je avois fait et poursuivois seroit, au temps à venir, plus recommandée que mille autres: ‘Raison pourquoi,’ disoit-il, ‘beau maître: puis cinquante ans en ça sont avenus plus de faits d’armes et de merveilles au monde qu’il n’étoit trois cents ans en devant.’
“Ainsi fus-je en l’hôtel du noble Comte de Foix, recueilli et nourri à ma plaisance. Ce étoit ce que je désirois à enquerre toutes nouvelles touchants à ma matière: et je avois prêts à la main barons, chevaliers, et écuyers, qui m’en informoient, et le gentil Comte de Foix aussi. Si vous voudrois éclaircir par beau langage tout ce dont je fus adonc informé, pour rengrosser notre matiere, et pour exemplier les bons qui se désirent à avancer par armes. Car si ci-dessus j’ai prologué grands faits d’armes, prises et assauts de villes et de châteaux, batailles adressées et durs rencontres, encore en trouverez vous ensuivant grand, foison, desquelles et desquels, par la grace de Dieu, je ferai bonne et juste narration.”—Froissart, book iii. chap. 1.