Il a trouvé la mort après tant de combats affrontés, tant de dangers, et il en est sorti avec les honneurs à son avantage.
Son dernier départ a été le 12 Octobre, avec son avion de chasse Nieuport monté avec deux mitrailleuses et avec lequel il avait abattu un boche le 10, deux jours avant: il est parti à 2 heures faire la protection d’un groupe d’avions de bombardement très en avant dans les lignes ennemies. Il a abattu un avion de chasse ennemi à 3 hrs. qui venait attaquer le groupe et lui barrer la route. Comme toujours, faisant son devoir avec conscience, il a attendu que tous les avions ont repassé les lignes avant de rentrer lui-même et à la dernière minute il pense à atterrir dans le champ d’aviation le plus près vu que la nuit commençait à tomber.
Il était prêt à faire un atterrissage des plus normal, malgré l’obscurité, quand le malheur a voulu qu’il touche un cable qui était au bordure du champ, et dont il ne pouvait soupçonner la présence et son avion est venu s’écraser sur le sol.
Il a été relevé et aussitôt transporté dans un Hôpital sans une plainte et sans perdre un instant ses sens, causant avec un de ses camarades d’escadrille.
Il avait deux jambes fracturées, la droite à la cuisse et la gauche au-dessus la cheville. Il a été opéré aussitôt, non sans recommander aux docteurs de bien s’assurer de ne pas faire une jambe plus courte l’une que l’autre, car il faisait beaucoup de sport.
On lui a arrangé ses deux jambes et tout était fini à minuit.
Le lendemain il causait avec tout le monde et tout faisait espérer les meilleurs résultats d’une prompte guérison, il passe une bonne nuit et le matin du 14 à 6 heures est frappé d’une embolie cérébrale (au moment où personne ne s’y attendait nullement) et n’a repris connaissance.
Je suis resté jusqu’à ses dernier moments auprès de lui, et je n’ai pas eu la chance de le voir reprendre ses sens une seconde.
Ce que je puis dire c’est que rien n’a été négligé et qu’il a été très bien soigné. Il paraissait très heureux.