Il en était à son avion cinq boches abattus officiellement et en avait quatre autres en réalité mais non confirmés—plus un ballon captif d’observation qu’il avait attaqué et enflammé: et les nombreux bombardements du début sur voisin où il était toujours le premier prêt à partir et des fois le seul qui allait droit au but.
Malgré tous les dangers parsemés sur sa route et après avoir pris tant de soins et d’attention il nous est enlevé (il ne comptait que des amis sincères et dévoués) et juste au moment où il était arrivé au but: Médaille Militaire, Légion d’Honneur et Croix de Guerre qu’il avait si noblement gagnées.
C’est une grande perte pour l’armée Française et aussi pour nous, car il nous rapportait avec son amitié l’honneur du devoir et la bravoure du bon soldat.
Il a été ramené à Luxeuil, où un service funèbre a été célébré au milieu de ses amis; il a été accompagné par ses nombreux camarades avec toutes les honneurs.
Après avoir appris la maladie grave de Monsieur nous sommes restés quelques jours sans nouvelles causé par le déplacement de l’escadrille, et nous avons été très heureux, Monsieur Frédéric et moi, quand il a reçu une cable lui annonçant que Monsieur Prince allait mieux et que tout danger était écarté.
Á present Monsieur Frédéric est avec nous, et vous pouvez compter sur moi pour que je fasse tout ce qu’il me sera possible pour lui, et espérant que l’on aura le bonheur de voir la signature de la paix en bonne santé, je termine.
Monsieur et Madame, si vous désiriez d’autres renseignements, je me ferais un devoir de vous les donner, et c’est avec plaisir que je vous donnerai tous les renseignements possibles.
Recevez, Monsieur et Madame, mes respectueuses salutations.
Votre dévoué serviteur,