[382] "Jusques-là il n'y avoit point eu proprement de cour de justice en Canada; les gouverneurs généraux jugeant les affaires d'une maniêre assez souveraine; on ne s'avisoit point d'appeller de leurs sentences; mais ils ne rendoient ordinairement des arrêts, qu'apres avoir inutilement tentés les voies de l'arbitrage, et l'on convient que leurs décisions étoient toujours, dictées par le bon sens, et selon les regles de la loi naturelle, qui est au-dessus de toutes les autres. D'ailleurs les Créoles du Canada, quoique de race Normande, pour la plupart n'avoient seulement l'esprit processif, et aimoient mieux pour l'ordinaire céder quelque chose de leur bon droit, que de perdre le tems à plaider. Il sembloit même que tous les biens fussent communes dans cette colonie, du moins on fut assez long tems sans rien fermeé sous la clef, et il étoit inoui qu'on s'en abusât. Il est bien étrange et bien humiliant pour l'homme que les précautions qu'un prince sage prit pour éviter la chicane et faire regner la justice, aient presque été l'époque de la naissance de l'une, et de l'affoiblissement de l'autre.... La justice est rendue selon les ordonnances du royaume et la coutume de Paris. Au mois de Juin, 1679, le roi autorisa par un édit quelques réglemens du conseil de Quebec, et c'est ce qu'on appellé dans le pays la réduction du Code ... par un autre édit en 1685 le conseil fut autorisé à juger les causes criminelles au nombre de cinq juges ... c'est sur le modèle du conseil supérieur à Quebec, qu'on a depuis établi ceux de la Martinique, de St. Domingue, et de Louisiane. Tous ses conseils sont d'epée."—Charlevoix, vol. ii., p. 140.
[383] "The regiment de Carignan-Salières was just arrived from Hungary, where it had distinguished itself greatly in the war against the Turks."—Charlevoix, tom. ii., p. 150.
[384] "M. de Sorel, a captain in the Regiment De Carignan, was employed on the erection of the first fort, on the same site as the fort De Richelieu, built by M. de Montmagny, now quite in ruins. De Sorel gave his own name to the fort, and in time the river Richelieu, or Iroquois, acquired it also.
"The second fort was called St. Louis; but, as M. de Chambly, captain in the same regiment, had superintended the erection, and afterward acquired the land on which it was situated, the whole district, and the stone fort, which has been erected since upon the ruins of the former one, have acquired and retained the name of Chambly. This was a very important fortress, as it protected the colony on the side of New York, and the lower Iroquois.
"The third fort was built under the direction of M. de Salières, the colonel of the regiment De Carignan. He named it St. Theresa, because it was finished on that saint's day."—Charlevoix, tom. ii., p. 152.
[385] "Every omen was now favorable, except the conquest of New Netherlands (New York) by the English in 1664. That conquest eventually made the Five Nations (Iroquois) a dépendance on the English nation; and if for twenty-five years England and France sued for their friendship with unequal success, yet afterward, in the grand division of parties throughout the world, the Bourbons found in them implacable opponents."—Bancroft's History of the United States, vol. ii., p. 149.
[386] "La chapelle à Lorette est bâtie sur le modèle et avec toutes les dimensions de la Santa Case d'Italie, d'où l'on a envoyé à nos néophytes une image de la vierge, semblable à celle, que l'on voit dans ce célébre sanctuaire. On ne pouvoit guère choisir pour placer cette mission, un lieu plus sauvage."—Charlevoix.
CHAPTER XIII.
Taking advantage of the profound peace which now blessed New France,[387] M. Talon, the intendant, dispatched an experienced traveler, named Nicholas Perrot, to the distant northern and western tribes, for the purpose of inducing them to fix a meeting at some convenient place with a view of discussing the rights of the French crown. This bold adventurer penetrated among the nations dwelling by the great lakes, and with admirable address induced them all to send deputies to the Falls of St. Mary, where the waters of Lake Superior pour into Lake Huron. The Sieur de St. Lusson met the assembled Indian chiefs at this place in May, 1671; he persuaded them to acknowledge the sovereignty of his king, and erected a cross bearing the arms of France.