D. Curious text of Crepitus, on page [228], pages 241-3 of original:
Crepitus
(——se fait entendre):
Moi aussi l'on m'honora jadis. On me faisait des libations. Je fus un Dieu!
L'Athénien me saluait comme un presage de fortune, tandis que le Romain dévot me maudissait les poings levés et que le pontife d'Egypte, s'abstinant des fèves, tremblait à ma voix et pâlissait à mon odeur.
Quand le vinaigre militaire coulait sur les barbes non rasées, qu'on se régalait de glands, de pois, et d'oignons crus, et que le bouc en morceau cuissait dans le beurre rance des pasteurs, sans souci du voisin, personne alors ne se gênait. Les nourritures solides faisaient digestions retentissantes. Au soleil de la campagne les hommes se soulageaient avec lenteur.
Ainsi, je passais sans scandale, comme les autres besoins de la vie, comme Mena, tourment des vierges, et la douce Rumina qui protège le sein de la nourrice, gonflé, des veines bleuâtres. J'étais joyeux. Je faisais rire. Et se dilatant d'aise à cause de moi, le convive exhalait toute sa gaieté par les ouvertures de son corps.
J'ai eu mes jours d'orgeuil. Le bon Aristophane me promena sur la scène, et l'empereur Claudius Drusus[1] me fit asseoir à sa table. Dans les laticlaves des patriciens j'ai circulé majestueusement! Les vases d'or, comme des tympanons, resonnaient sous moi; et, quand plein de murènes, de truffles, et de pâtés, l'intestin du maître se dégageait avec fracas, l'univers attentif apprenait que César avait diné!
Mais à présent, je suis confiné dans la populace[2] et l'on se récrie, même à mon nom!
Et Crepitus s'éloigne, en poussant un gémissement....