Quand le soir arriva, Finette rentra. Elle soigna sa vache, but un peu de lait et se coucha.

Pendant ce temps la vieille femme avait raconté son histoire à une amie seulement, en secret. L'amie l'avait racontée à une autre, en secret aussi. Celle-ci l'avait racontée à une troisième, et avant la nuit, tout le monde parlait de la demoiselle, qui avait donné un seau d'or à la vieille femme.

Le maire entendit cette histoire. Il se dit: "Quelle bonne chose que je ne sois pas encore marié. J'irai demain matin épouser cette demoiselle, et je serai riche, plus riche que cette vieille femme qui cause tant."

Quand Finette ouvrit les yeux le lendemain matin, elle vit le maire, qui lui dit: "Mademoiselle, levez-vous tout de suite; suivez-moi à l'église. Moi, le maire de la ville, je vous fais l'honneur de vous épouser."

"Oh!" dit Finette, "je ne suis pas sûre que vous ferez un bon mari."

"Moi! Je ferai un mari excellent!" dit le maire pompeusement.

"Oh!" dit Finette, "un bon mari ferme toujours la porte!"

"Très-bien," dit le maire, "je fermerai la porte," et il alla la fermer.

"Tenez-vous le pommeau de la porte, cher ami?" demanda Finette.

"Oui, mon amour; je tiens le pommeau de la porte!" répondit le maire.